Burundi: Le gouvernement militaire s’engage avec retard à lutter contre le coronavirus : Qui sera responsable des dégâts déjà causés ?

Le 2 juillet 2020

Burundi: Le gouvernement militaire s’engage avec retard à lutter contre le coronavirus : Qui sera responsable des dégâts déjà causés ?
Dans ses récents discours, le président Evariste Ndayishimiye insiste beaucoup sur la lutte contre le coronavirus. Il invite tous les acteurs à y mettre tout le paquet et demande même des aides aux partenaires pour gagner cette guerre. Des extraits de son discours, devant les burundais et les représentants des missions diplomatiques encore œuvrant au pays, circulent sur les medias sociaux montrant un homme très engagé dans la lutte contre cette pandémie. Je le cite : ‘’ Ceux qui sont en charge de la santé publique, l’administration, les confessions religieuses, les medias, nous vous demandons votre appui dans la sensibilisation de la population pour faire respecter les mesures prises par le ministère de la santé. Que tous soient conscients que coronavirus est une pandémie qui se propage rapidement et qui tue quand quelqu’un néglige de prendre des mesures qui s’imposent. Unissons-nous alors pour lutter contre cette pandémie. Ensemble, nous le pouvons’’
C’est un très bon discours mobilisateur. La Covid 19 a fait des ravages dans le monde entier. Les statistiques montrent que plus de 10,7millions de personnes ont été contaminées, 5,48 millions ont été soignées et guéries, plus de 516 mille sont mortes dans le monde. En Afrique, les statistiques du 29juin 2020 nous montrent que 207 personnes sont mortes de covid 19. Ces chiffres varient d’un jour à l’autre. Au Burundi, les chiffres donnés par le ministère de la santé font état de 170 personnes contaminées et seulement 2 personnes mortes. Pourtant, des sources bien informées donnent un bilan de plus de 150 personnes déjà mortes de covid 19.
Cela n’est pas étonnant. Il y a trois mois que ce virus a été déclaré au Burundi. Le gouvernement n’a pas fait de cette pandémie sa priorité. Il s’est contenté de confiner quelques personnes venant de l’extérieur par avion à l’hôtel source du Nil. Là aussi, les informations à notre possession disent que certaines autorités, dont des ministres de retour leurs missions à l’extérieur (quand le trafic aérien était encore possible) refusaient ce confinement de 14 jours juste pour tester s’ils n’entrent pas au pays avec le virus. D’autres donnaient de l’argent aux responsables de ce lieu de confinement et étaient directement libérés.
Le matériel pour les tests n’était pas non plus disponible à tel point que ceux qui sentaient quelques symptômes ne pouvaient pas tous être testé. Occupé à préparer les élections, le gouvernent ne voulait même pas qu’on en parle. C’est pour cette raison que les représentants de l’OMS au Burundi ont été chassés alors qu’ils sont les éléments clés dans cette lutte dans le monde. Le ministère de la sante a eu ordre de pas alerter l’opinion sur les chiffres des contaminés, encore moins de morts (les résultats de peu de tests qu’ils pouvaient faire n’étaient pas tous publiés). Les hôpitaux qui avaient des moyens de faire les tests ont été empêchés de le faire, et de ne pas parler des cas des personnes hospitalisées qui ont les signes visibles de covid19. C’est à ce moment que les burundais, voyant que le gouvernement ne voulait rien faire pour lutter contre cette pandémie, ont commencé à se faire soigner, au moindre signe de covid 19, avec des médicaments naturels.
Le gouvernement a non seulement caché les chiffres réels de contamination et de morts, il n’a même pas mobilisé les burundais à prendre des mesures barrières pour se protéger. Un certain parlementaire (on se garde de citer son nom) disait sans aucune crainte que ‘’ porter un masque dans la capitale Bujumbura ferait peur à la population’’. Le ministre lui-même avait déclaré que seuls les médecins en charge des tests et des soins des personnes atteintes de covid 19 étaient autorisés à porter le masque.
Le gouvernement a officiellement interdit aux gens de se protéger alors que le danger était réel. Il a plutôt encouragé voire même forcé les gens à se contaminer. Comment ? Sa priorité était la préparation et la tenue des élections de mai 2020. Il avait mis en place tous les moyens et toutes les stratégies pour les gagner (stratégie de tricherie) ; il ne voulait pas rater cette occasion. Sinon, les élections ne sont pas plus importantes que la santé de tout un peuple. Pour Evariste Ndayishimiye et sa clique militaire, que les gens meurent après avoir occupé le fauteuil présidentiel n’est pas un problème. C’est ainsi alors que les gens se sont contaminés pendant les meetings lors de la campagne électorale, ils se rencontraient dans des cabarets après les meetings. Pas de masques, encore moins de distanciation sociale ; nos paysans partageaient les (pailles) imikenke autour des cruches de bière de banane ou de sorgho. Partout dans le pays, la situation était la même : ils se rencontraient dans les églises, les fêtes, les boites de nuit, les cabarets, les marchés et magasins et autres lieux publics. C’est dire que presque tout le pays est contaminé.
Quand Evariste Ndayishimiye se réveille aujourd’hui pour mobiliser la population burundaise à lutter contre la covid19, on se demande si ce n’est pas trop tard même si on dit qu’il n’est jamais tard pour faire du bien. Comme annoncé dans notre édition numéro 44, il faut mobiliser beaucoup de moyens pour faire le maximum de tests afin d’éradiquer cette maladie. Sont-ils disponibles aux mains d’Evariste Ndayishimiye ? Malgré l’appel lancé, on ne voit pas encore des mesures accompagnatrices déjà prises comme l’interdiction des cabarets, des prières en masse, fermeture des boites de nuit et autres. Va-t-il le faire dans les jours à venir ? Ou ce ne sont que des paroles sans actes ? Qu’il le fasse aujourd’hui ou plus tard, le virus ronge toujours le peuple burundais, le risque est grand de voir des milliers de gens mourir d’un coup comme on l’a observé dans d’autres pays. Toute la responsabilité repose sur Evariste Ndayishimiye et sa clique.
URN HITAMWONEZA lance encore une fois un appel vibrant à tous les burundais de prendre des mesures barrière pour protéger ceux qui n’ont pas encore été contaminés. C’est déjà une bonne chose que le président ait lancé l’appel ; n’attendait donc pas des mesures accompagnatrices car ce n’est pas certain qu’elles seront prises dans l’urgence. Nous encourageons certaines autorités ecclésiastiques et d’autres responsables qui ont déjà pris d’initiative certaines mesures barrières malgré qu’elles soient encore insuffisantes. Nous rappelons au président Ndayishimiye et la clique militaire qui dirigent d’une main de fer le pays qu’ils sont responsables de tous ces morts de covid19 au Burundi. Ne pas agir quand la santé de tout un peuple est en danger pour des intérêts personnels ou d’un groupe de gens (élections pour occuper des postes) est un crime contre l’humanité. Tous les morts de covid 19 au Burundi reposent sur leurs épaules. Qu’ils sachent que tôt ou tard, ils devront répondre de leurs actes devant des juridictions compétentes.

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