Burundi: Le président Evariste Ndayishimiye et Mgr Simon Ntamwana aux cérémonies d’ordination sacerdotales à Shombo en province Karuzi: lieu de génocide des tutsis de 1993 à grande échelle.

Mardi le 7 juillet 2020

Burundi: Le président Evariste Ndayishimiye et Mgr Simon Ntamwana aux cérémonies d’ordination sacerdotales à Shombo en province Karuzi: lieu de génocide des tutsis de 1993 à grande échelle.
Ce dimanche 5 juillet 2020, la paroisse Shombo en province Karuzi avait une fête, pas comme les autres. Il y avait des cérémonies d’ordination diaconale et sacerdotale organisées par l’Archidiocèse de Gitega. C’est comme Mgr Simon Ntamwana avait enfanté de nouveaux ouvriers. ‘’Alors, il dit à ses disciples : la moisson est grande, mais les ouvriers sont en petit nombre’’ (Mt9 :37). Il méritait donc soutien. Il l’a eu. Ses homologues de Muyinga et Ruyigi étaient au rendez-vous. Un soutien pas comme les autres : le président Evariste Ndayishimiye avait rehaussé de sa présence ces cérémonies. Cet homme, avec des apparences de catholique pratiquant, a saisi cette opportunité pour s’adresser à la population rassemblée pour cette cérémonie. Nous osons dire en apparence car il est clair que ce qu’il dit et ce qu’il fait sont en opposition. On ne peut pas toujours parler de Dieu et avoir une haine viscérale pour tes frères et sœurs. C’est totalement incompatible. Le Dieu qui a créé le ciel et la terre, qui nous a créé à son image est un Dieu d’amour. ‘’Et nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui’’ ( 1 Jean 4 : 16). Quand Ndayishimiye ne cesse d’appeler certains burundais ‘’ibipfamutima’’( des sans cœur), simplement parce qu’ils ont osé dire non aux tricheries et violations de la loi par le pouvoir et qui ont fui le pays après avoir échappé à la mort ou aux tortures leur infligées par les services sous contrôle d’Evariste Ndayishimiye et la clique militaire de son parti, il est totalement en dehors de l’amour de Dieu. Loin de nous l’intention de porter un jugement contre lui, seul Dieu est juge, mais manifester une telle haine envers un compatriote ne lui permettra jamais que ses prières soient exhaussées. A lui de contrôler ce qu’il dit, ce qu’il pense en lui et ce qu’il fait ou fait faire. ‘’ Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais, ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur’’ ( Mt7,14)
Dans son discours aux chrétiens de Shombo qui célébraient aussi le 60eme anniversaire du diocèse de Gitega, il a fait comprendre aux nouveaux ouvriers qu’il est aussi nouveau dans ses fonctions et qu’ils vont partager la tâche. Eux s’occuperont de développer les esprits et lui se chargera de leur assurer le bien-être ; combattre la pauvreté pour son peuple. C’est dire que les actions de l’Eglise et celles de l’Etat sont complémentaires. Le président a invité les représentants de l’Eglise catholique de travailler ensemble pour combattre tout mal ‘’comme l’administration et les forces de l’ordre ont aidé l’Eglise à combattre Zebia’’ (responsable d’une secte à Businde en province Kayanza). Les membres de la secte de cette fille ont été malmenés par le pouvoir cnddfdd, les uns ont été tués en plein jour par la police burundaise, d’autres emprisonnés et d’autres forcés à l’exil. Evariste Ndayishimiye ne devrait pas donner cet exemple car il sait combien la gestion de ce dossier a été marquée par des violations graves des droits de l’homme par des services commandés par la clique au pouvoir dont il faisait partie. Quand on parle trop, on ne contrôle pas tout ce qu’on dit. Il a osé dire que le Burundi va être la lumière pour les autres pays du monde au moment où il vient lui-même de mettre en place un gouvernement dont les principaux membres sont des criminels sous sanctions internationales. Il a osé aussi dire aux religieux qu’ils ont les pleins droits de dire les 4 vérités aux fidèles, mais que cette liberté a des limites. C’est leur signifier qu’il ne faudra pas dénoncer les différentes violences exercées par les services de l’Etat à la population. Il appelle cela porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Ils vont sans doute se taire comme ils se sont tus quand Evariste Ndayishimiye s’est parachuté vainqueur des élections de mai 2020 au moment où le peuple lui avait dit non. Les évêques ont crié ‘’au voleur’’ et se sont tus par après, le voleur est parti gaillardement. Aujourd’hui, il se fait donneur de leçons, il ose dire qu’il a mis Dieu en avant dans tous ses œuvres. ’Ne vous y trompez pas ; on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’on aura semé, on le moissonnera’’ (Galate6, 7).
La Shombo de la province Karuzi n’a pas été choisie au hasard par Mgr Simon Ntamwana. Il sait ce que cette localité représente pour son hôte principal, Evariste Ndayishimiye et pourquoi pas ce qu’elle représente pour les tutsis. Car, les deux hommes peuvent diverger sur quelques aspects politiques, mais ils convergent sur une vision commune du ‘’hutu power’’
La province Karuzi a été particulièrement touchée par le génocide des tutsis en 1993. Presque tous les tutsis ont été tués par des hutus extrémistes du Frodebu après la mort de feu président Melchior Ndadaye. La journée du 21 octobre 1993 a été une journée chargée pour le gouverneur de l’époque, ses conseillers et les administrateurs. Ils ont sillonné toute la province pour rappeler à la population hutu que le moment est venu, pour tuer tous les tutsis comme convenu. 21461 tutsis ont été tués dans toute la province de Karuzi. Les noms des victimes colline, par colline, sont connus, les noms de leurs bourreaux sont aussi à notre disposition. Les tueries ont alors commencé vers 5heures du matin du 22 octobre 1993. Sauf dans la commune Shombo où ils ont tué systématiquement hommes, femmes et enfants, dans d’autres communes de la province, ils ont commencé par les hommes, les femmes et les enfants ont été tués après, les derniers seraient tués le 1novembre 1993. Cette province très enclavée a eu très tardivement l’intervention des forces de l’ordre, ils ont dû utiliser les hélicoptères pour parachuter les militaires pour intervenir car les routes étaient non seulement en mauvais état, mais aussi barricadées par des troncs d’arbres.
En 1993, la population de cette province avait élu le Frodebu à plus de 70% ; aujourd’hui, Karuzi a élu le cnddfdd à 87,92%. Voilà une des raisons qui a aussi poussé Evariste Ndayishimiye à rehausser de sa présence ces cérémonies sacerdotales aux côtés de ses militants. Il n’a pas cessé de dire dans son discours que la province Karuzi est une belle province. C’est dire que celui qui se dit président pour tous commence, en si peu de temps, à privilégier son électorat. Et ce n’est pas étonnant car Evariste Ndayishimiye est rassembleur sur les bouts des lèvres, il est divisionniste au fonds de son cœur. C’est de lui que vient la différence entre ‘’abanyagihugu’’ (le peuple : entendez par là les tutsis) et abenegihugu(les propriétaires du pays : entendez par là les hutus).
URN HITAMWONEZA avertit encore une fois les burundais sur les paroles des nouveaux leaders du Burundi. Détrompez-vous, ils ont à l’esprit leur plan génocidaire, ils n’attendent qu’un moment opportun. Soyez vigilants et restez unis pour faire bloc à cette clique militaire qui ne cherche qu’à parachever le génocide commencé en 1993.

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