Burundi: La Belgique a une grande responsabilité historique dans les tueries et génocides dans la région des grands lacs (Quatrième partie).

Burundi: La Belgique a une grande responsabilité historique dans les tueries et génocides dans la région des grands lacs (Quatrième partie).
Comme promis, nous amorçons aujourd’hui la partie de notre démarche par la naissance des partis politiques au Burundi, l’accession à l’indépendance et particulièrement l’assassinat du Prince Louis Rwagasaore, tout en essayant de montrer l’implication ou la responsabilité de la Belgique dans ce meurtre.
Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, nous tenons à corriger une erreur qui s’est glissée dans notre édition d’hier : en 1960, les routes Usumbura-Astrida, Usumbura-Bukavu, Usumbura- Gitega n’étaient pas toutes asphaltées. Nos sources nous disent que seuls les tronçons : Usumbura- Bugarama ; rond-point ville usumbura( près de l’actuelle place de l’indépendance) -Camp muha ; rond-point ville- chez Dimitri- Chez André-monument de l’unité ; rond pont ville – aéroport, étaient asphaltés. Ici il faut comprendre que ce n’était pas pour le souci du développement du pays, mais pour leur facilité de mouvement pour leurs propres intérêts.
Revenons à la naissance des partis politiques. Leur création date de 1958, nous disent les historiens. En 1960, ils seraient déjà au nombre de 23. Mais les plus connus étaient l’UPRONA( Union pour le Progrès National) de Rwagasore, le PDC (Parti Démocrate-Chrétien), fondé par Joseph Birori, un prince Mutare, fils de Pierre Baranyanka , le PP( Parti du Peuple ) dont un des grands promoteurs fut le colon Albert Maus qui avait comme principal souci l’émancipation des Hutus ; un parti était plus ou moins l’équivalent du PARMEHUTU au Ruanda. Maus qui s’est suicidé après la victoire de l’Uprona (château Maus) et le PDR (Parti Démocrate Rural) de Pierre Bigayimpunzi.
A part l’Uprona et son leader Louis Rwagasore, parti rassembleur qui prônait l’unité de tous les burundais et qui réclamait l’indépendance immédiate et le départ du colonisateurs, aucun autre ne voulait l’indépendance immédiate, certains avaient même une tendance ethnique. Ces derniers étaient soutenus par la colonisation, tandis que Rwagasore avait la sympathie des nationalistes du congo, du Rwanda et du Tanganyika.
Aux élections communales de décembre 1960, 12 partis politiques, parmi lesquels le P.D.C, le P.D.R et le P.P. se sont constitués en un Front Commun contre l’UPRONA qui voulait l’indépendance immédiate. Le pouvoir colonial a ainsi bloqué la campagne de l’Uprona car craignait la popularité de Rwagasore. Il a été par la suite emprisonné à Bururi. Ce qui occasionna la défaite de l’Uprona. Mais, ils ont multiplié les plaintes contre l’irrégularité de ces élections jusqu’à ce que l’Assemblée Générale de l’ONU se saisisse de la question et retarde les législatives. L’Uprona en sortira vainqueur avec 58 sièges sur 64
Après ces élections législatives du 18 septembre 1961, le Burundi devint une monarchie constitutionnelle avec à sa tête, le Mwami Mwambutsa, avec une loi fondamentale qui s’inspirait de la constitution belge. Le Prince Louis Rwagasore fut nommé Premier Ministre du Royaume du Burundi. Il fut invité par son père à former le Gouvernement.
Fort malheureusement, le Burundi perdra un leader charismatique le 13 octobre 1961 ; l’indépendance du pays fut accordée le 1juillet 1962 dans un contexte très malsain. L’idéologie unitariste de Rwagasore était une arme redoutable pour contrer le « système » politique Rwandais où des Hutu extrémistes venaient de prendre le pouvoir après un génocide consommé des tutsis après leur fameuse révolution de 1959.
Qui a assassiné le Prince Louis Rwagasore ? C’est le grec Kageorgis qui a poussé sur la gâchette, mais il n’est pas le planificateur. On dit qu’il avait bénéficié de la complicité de Joseph Birori et de Jean Ntidendereza qui furent pendus à Gitega.
URN HITAMWONEZA ne doute un seul instant que l’administration belge de ce moment ne soit de près ou de loin impliquée dans la planification de l’assassinat du Prince Louis Rwagasore. Selon nos sources, Kageorgis aurait même demande à s’expliquer, mais il n’a pas eu cette chance. En plénière, devant le procureur Belge qui l’a condamné à mort, il aurait déclaré qu’il a exécuté une mission de la Belgique. Il aurait même écrit une lettre à sa famille dans laquelle il aurait dénoncé cette injustice et demandé de poursuivre les enquêtes sur son dossier. Peut-être que ce document peut éclairer l’opinion encore plus d’avantage. Selon Guy Poppe qui a fouillé les archives du ministère des affaires étrangères en Belgique, il dit avoir été frappé par les lacunes observées dans l’investigation judiciaire. Pour lui, il y avait des pistes à explorer, ce qui n’a pas été fait. Il propose une enquête parlementaire pour connaitre la vérité. A la RFI, Ludo de Witt, historien belge qui a consulté les archives de l’ambassade de Grande- Bretagne a déclaré clairement que des documents trouvés révèlent une implication de la Belgique. Bruxelles aurait donné un feu vert pour se débarrasser de ce ‘’trublion fervent défenseur de l’indépendance’’, ajoute-t-il.
Nous disons qu’il est regrettable que les pouvoirs qui se sont succédés au Burundi ne soient arrivés à imposer à la Belgique une enquête sérieuse pour arriver à mettre la lumière sur les responsabilités des uns et des autres.
A vrai dire, la Belgique n’avait pas intérêt à voir un pouvoir fort avec les idées unitaristes et de développement social du leader comme Rwagasore après l’indépendance. Il voulait un pouvoir comme celui du Rwanda, basé sur les principes de division ethnique comme il l’avait introduit dans nos deux pays (d’ailleurs l’administration coloniale soutenait les partis ayant cette tendance)
Nous reconnaissons qu’il y a toujours continuité de l’Etat, mais nous savons aussi que le gouvernement belge d’aujourd’hui n’est pas celui de 1960. A ce gouvernement, nous demandons de sortir de son silence et promettre clairement des enquêtes ouvertes et indépendantes pour que toute la lumière soit faite sur ce dossier aussi longtemps que des témoins existent encore. S’il continue à garder silence, nous continuerons à crier pour réclamer la lumière car il serait complice et de ce fait répondra de tous les dégâts causés par l’administration belge au Burundi.
A tous les Burundais, nous demandons de vous joindre à nous pour réclamer, par des moyens pacifiques, que la Belgique nous dise qui a planifié l’assassinat de notre Prince. Que le Gouvernement actuel du Burundi cesse d’insulter toujours les colons sans raison valable au lieu de constituer un dossier en bonne et due forme demandant que la communauté internationale s’engage pour exiger à ce pays des enquêtes indépendantes pouvant nous éclairer sur , non seulement l’assassinat du Prince Louis Rwagasore, mais aussi sur les responsabilités de la Belgique dans les chicaneries socio-politiques qui ont suivi la colonisation belge.

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