Burundi: Mort du président Ndadaye suivie d’un génocide des tutsis planifié par les membres de son parti Frodebu(4eme partie)

Burundi: Mort du président Ndadaye suivie d’un génocide des tutsis planifié par les membres de son parti Frodebu
(4eme partie)
Notre analyse depuis la date du 21 octobre 2020, date anniversaire de l’assassinat du premier président hutu élu par le peuple hutu, a d’abord fait mention de l’origine du parti de Melchior Ndadaye. Un parti dont ses racines et l’inspiration de son idéologie vient du Rwanda de Juvénal Havyarimana. Et personne n’ignore que presque tous les membres du Frodebu ont reçu une formation de base au sein du Palipehutu dont tout le monde connait l’idéologie qui se résume en peu de mots en ces termes ‘’les tutsis sont nos ennemis qu’il faut à tout prix exterminer’’.
Quoi que Melchior Ndadaye ait été, à un certain moment en désaccord avec Juvénal Havyarimana, sur quelques points notamment sur le fait qu’il n’a pas été très virulent dans l’exclusion des tutsis dès ses premiers jours de pouvoir comme il le faisait chez lui au Rwanda, l’idéologie enseignée est restée dans les esprits des hutus du Frodebu qui avaient à leur côté des hutus plus expérimentés dans l’exclusion, les membres du palipehutu. Ils avaient même fait campagne pour le Frodebu.
L’idéologie de génocide des tutsis a donc été enseignée pendant la campagne électorale partout dans le pays car les membres du Frodebu avaient en tête que Pierre Buyoya, avec son armée, allait gagner les élections par tricherie. La suite était que tous les tutsis devraient être exécutés systématiquement. Les hutus du Frodebu s’étaient préparés aussi bien moralement que matériellement (achat des machettes neuves, de l’essence pour incendier les maisons, des tronçonneuses pour couper les arbres et obstruer les voies de communication pour empêcher l’intervention des forces de l’ordre). Melchior Ndadaye l’a dit lui-même quand il était aux mains des militaires enragés le 21 octobre 1993 : ‘’Ne me faites pas de mal, pensez à vos familles laissées sur les collines’’. Il savait ce qui était prévu, le ‘’plan juin’’ allait être mis en œuvre ; et c’est ce qui a été fait.
Beaucoup d’analystes estiment que même si Ndadaye n’avait pas été tué par les militaires, le génocide planifié devrait se faire tôt ou tard, ou allait se faire progressivement, comme le fait le cnddfdd aujourd’hui. En visite à Kayanza, un paysan a approché Sylvestre Ntibantunganya (il croyait que c’était lui le président de la République), bien avant la mort de Ndadaye, pour lui demander : ‘’ Vya bindi biroba canke ntibiroba ?’’(La chose sera-t-elle faite ou pas ?). Vous comprenez que Ntibantungaya a été gêné car ils ont enseigné au sein du Frodebu qu’il faudra exterminer les tutsis.
En tuant Ndadaye, le prétexte est venu de la bonne source pour les extrémistes hutus qui avaient en tête l’extermination des tutsis. L’armée était à majorité composée par des tutsis, mais il y avait un bon pourcentage de hutus, et ce à tous les niveaux de commandement. Etant une armée professionnelle, ce problème ethnique ne se posait pas jusqu’à ce que des hutus extrémistes comme Nyangoma Leonard commencent à se révolter en pleine réunions avec le président Buyoya
L’assassinat de Ndadaye a donc été un déclencheur de la mise en œuvre d’un plan longtemps préparé. Il n’est pas compréhensible, malgré l’appel de Jean Minani sur les radios du Rwanda, que dans tout le pays, des hutus du Frodebu et du palipehutu prennent des machettes en même temps pour tuer des tutsis avec qui ils partageaient tout. Dans la plupart des cas, ce sont les membres de l’administration qui donnaient le coup d’envoi en coupant en morceaux des tutsis ligotés devant un public hutu rassemblé pour voir un exemple à suivre pour s’occuper du reste du travail sans crainte.
Le génocide a donc été consommé ; les listes de presque la majorité des victimes sont disponibles, les noms de la majorité des bourreaux sont connus ; les uns ont fui le pays, d’autres sont toujours au Burundi et occupent des fonctions de l’Etat sans s’inquiéter. Une commission onusienne a été dépêchée au Burundi et a fait des enquêtes sur ces tueries que son rapport S/1996/682 du 22 Aout 1996 qualifie de génocide des tutsis par les hutus du Frodebu. La lecture de ce rapport vous donne les détails, basés sur les témoignages, du déroulement du coup d’Etat et du génocide qui a suivi la mort du président Ndadaye.
URNHITAMWONEZA dispose aussi d’un grand document, écrit à la suite d’une large enquête faite par des organisations de la société civile au niveau de tout le pays, et qui montre, sur base des témoignages, les détails sur la préparation de ce génocide, sa mise en œuvre, les noms des victimes, colline par colline et les noms de leurs bourreaux. Les témoignages des rescapés trouvés dans les camps de déplacés décrivent des scènes d’horreur des leurs qui ont été tués sauvagement, les autres brulés vifs à l’intérieur des hangars ou des maisons, des cadavres qui ont été jetés dans des rivières, des fosses communes ou des toilettes. Ce qui est encore malheureux c’est que le génocide ne s’est pas arrêté au cours du mois d’octobre 1993. Les mêmes criminels ont par la suite rejoint le maquis soit disant pour défendre la démocratie alors que l’objectif était plutôt de parachever le génocide qu’ils n’avaient pas achevé. C’est ainsi qu’ils ont continué à pourchasser et tuer les rescapés dans les camps de déplacés depuis l’année 1995. Les gens se souviennent des attaques sur les déplacés de Bugendana, de Teza, de Campazi et ailleurs.
Ce génocide se poursuit jusqu’aujourd’hui au moment où Pierre Claver Ndayicariye et son équipe travaille jour et nuit pour essayer de faire disparaitre toutes les preuves de ce qui s’est passé depuis 1993 et les années qui ont suivi en déterrant tous les corps des fosses communes dans le pays faisant croire que ce sont des victimes des tueries de 1972 que les hutus extrémistes qualifient de ‘’génocide des hutus’’. L’objectif de Ndayicariye et son patron Evariste Ndayishimiye n’est autre chose que de faire disparaitre les éléments gênants , des preuves du génocide dont ils sont parmi les grands responsables ; ensuite montrer aux hutus qu’ils sont en train d’honorer la mémoire des hutus tués pour susciter leur sympathie et tenter de cacher les tricheries électorales dont il est accusées, et enfin révolter tous les hutus afin qu’il lui soit facile de déclencher la dernière phase du génocide des tutsis qui restent et des hutus de l’opposition. L’entrainement et l’armement des milices imbonerakure, la présence des FDRL interahamwe sur le sol burundais et dans certaines unités des corps de défense et de sécurité, la nomination des généraux dans les hautes sphères de l’Etat et une administration 100% cnddfdd entrent dans ce plan.
URNHITAMWONEZA dispose de toutes les preuves, en plus du rapport S/1996/682 du 22 Aout 1996 de la commission d’enquête des NU, qui montrent que le Frodebu a préparé et exécuté le génocide des tutsis en 1993. Les pouvoirs qui se sont poursuivis n’ont pas voulu suivre ce dossiers car s’accusaient mutuellement des fautes commises (principe’’ tu te tais, je me tais’’) ; ce qui a conduit à l’impunité des crimes jusqu’aujourd’hui. Le pouvoir changera un jour et tous ces criminels seront, sans exception, traduits en justice et seront punis. Voilà qui sauvera le Burundi et qui permettra d’émerger des leaders aux mains propres qui s’attacheront à la paix, la sécurité pour tous et le développement du pays.

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