Burundi : Bonne année quand même (huitième partie)(Bilan en rapport avec les responsabilités des crimes)

Burundi : Bonne année quand même (huitième partie)
(Bilan en rapport avec les responsabilités des crimes)
Nous sommes à la dernière partie de notre analyse du bilan de l’année 2020 pour préparer l’année 2021 qui s’annonce plus dangereuse que l’année précédente en matière des violations des droits de l’homme au Burundi.
Rappelons que les rapports des organisations de lutte contre les violations des droits de l’homme au Burundi montrent que 454 personnes ont été tuées, dont 202 cadavres qui ont été découverts en 2020 ; 52 personnes ont été portées disparues ; 89 femmes et filles violées ; 124 torturées ; 1181 personnes arbitrairement emprisonnées.
Le rapport de l’année 2019 donnait un bilan de 466 personnes tuées dont 219 cadavres découverts. Nous restons chaque année dans la moyenne de 450 personnes tuées dont 200 cadavres découverts, jetés spécialement dans les lacs et rivières. L’exemple le plus récent est de Aimé Irambona, ce chef adjoint des imbonerakure dans Gitega qui a été surpris la nuit du 26 au 27 décembre 2020 avec le cadavre d’Ezéchiel Ndayisenga, fraichement tué, et de deux grosses pierres dans son véhicule. Il allait le jeter dans la Ruvyironza. Les deux grosses pierres devraient être attachées sur le cadavre pour qu’il ne remonte jamais à la surface de l’eau. Voilà la technique utilisée par ces criminels.
Le premier grand responsable de ces crimes est le Général Président Evariste Ndayishimiye, ‘’le Hérode du Burundi’’. Les autres responsables sont les escadrons de la mort qu’il entretient et qui sont principalement sa milice imbonerakure, son service de renseignement ( SNR), certains éléments de sa garde présidentielle et certains éléments zèles de l’armée et de la police.
Les éléments les plus dangereux et qui participent dans beaucoup de cas de violations des droits de l’homme sont les imbonerakure par le simple fait qu’ils sont éparpillés partout dans le pays. Et Evariste Ndayishimiye fait tout son possible pour leur fournir des moyens logistiques nécessaires afin qu’ils soient réellement opérationnels.
Les autres grands encadreurs de ces imbonerakure et qui les activent à tout moment sont notamment le ministre Ezéchiel Nibigira. Tout le monde se souviendra de son discours à Kayanza le 29 Aout 2020 quand il demandait à la milice imbonerakure de reprendre leur travail de patrouille ‘’tout de suite’’ ; un travail que le gouverneur de cette province, le colonel Remy Cishahayo, leur avait formellement interdit, leur promettant la prison pour quiconque sera surpris en patrouille. Il savait de quoi il parlait car ce travail est légalement confié aux seules forces de défense et sécurité. Le gouverneur trouvera à son bureau, en date du 2 Novembre 2020, un sac contenant des grenades. Il a essayé de minimiser ce geste de terrorisme, mais le message était clair.
Le discours du ministre Nibigira rappelait à ceux qui se souviennent des évènements du Rwanda voisin, du discours de Ngirumpatse Mathieu, alors président du MRND qui disait : ‘’ J’ai donné des ordres, que les préfets et les présidents du parti fassent tout pour que les interahamwe soient déployés partout dans le pays’’. C’était avant le génocide des tutsis rwandais de 1994.
Un autre élément non moins dangereux est l’actuel président de l’Assemblée Nationale, le colonel démobilisé Gélase Daniel Ndabirabe, qui, dans ses discours, n’a jamais cessé de semer les divisions et activer ces criminels. Citons aussi Joseph Ntakirutimana, longtemps secrétaire général adjoint du cnddfdd qui a joué un rôle important dans la coordination de la milice imbonerakure. Cet ancien gouverneur de Ngozi en 1993 devrait plutôt répondre devant la justice de ses responsabilités dans le génocide des tutsis en 1993 par les hutus du Frodebu (Rapport d’enquête des NU : S/1996/682 du 22 Aout 1996).
On ne peut pas les citer tous, mais on ne peut pas non plus passer sous silence Sylvestre Ndayizeye, chef national de cette milice, qui a aussi été cité dans le rapport de l’Ong ‘’Initiative des droits humains au Burundi’’ sorti fin janvier 2020 intitulé « Une paix de façade, la peur au quotidien ». Selon ce rapport, Sylvestre Ndayizeye aurait tenu des réunions avec les imbonerakure dans la permanence nationale du parti cnddfdd à Bujumbura en juin 2019 et dans Cibitoke en septembre 2019, pour leur empêcher de faire circuler sur les réseaux sociaux des images des cadavres des gens tués , leur recommandant de ne plus arrêter et faire emprisonner les opposants , mais qu’il faut plutôt les tuer et cacher les preuves pour que la communauté internationale pense qu’il n’y a pas de violations des droits de l’homme au Burundi.
Nous nous en arrêtons là, la liste est longue.
URN HITAMWINEZA rappelle encore une fois au conseil de sécurité des NU, à l’UE, l’UA et la sous-région des grands lacs qu’au lieu de nouer des relations avec des criminels connus, devraient plutôt appuyer les efforts de tous ceux qui cherchent le redressement de la nation burundaise. Les criminels devraient plutôt être arrêtés et traduits devant des juridictions compétentes et laisser les burundais épris de paix s’organiser pour se choisir un leadership responsable et rassembleur, capable de conduire le peuple burundais à une paix durable pour tous et au développement.

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