Burundi : La CVR de Ndayicariye et Evariste Ndayishimiye cache beaucoup de vérités sur 1972 et cherche à diviser d’avantage les burundais.

Burundi : La CVR de Ndayicariye et Evariste Ndayishimiye cache beaucoup de vérités sur 1972 et cherche à diviser d’avantage les burundais.
Dans sa présentation du bilan de la CVR devant les deux chambres réunies, Pierre Claver Ndayicariye leur a rapporté ce qu’ils voulaient entendre, mais il a caché beaucoup de vérités incontournables. Il semble faire comprendre aux gens que les attaques par les mulelistes et certains hutus du sud étaient un montage de Michel Micombero, un prétexte pour pouvoir exterminer les hutus (ce qu’ils ont toujours appelé génocide des hutus de 1972 sans qu’il soit qualifié comme tel par des instances habiletés)
Notre enquête a révélé que l’opération du 29 avril 1972 avait été minutieusement préparée par un groupe de hutus extrémistes (civils et militaires) et qu’ils avaient même réussi à tromper la vigilance de Micombero et ses services de renseignement, détournant son attention vers une tentative de retour à la monarchie qui le hantait depuis un certain temps. Quand il a découvert la réalité des choses, c’est là qu’il a fait une répression aveugle, tuant beaucoup de hutus ; des tutsis y ont aussi péri par règlement de compte ; ce qui est regrettable. Les femmes et les enfants ont été épargnés. Autre fait important à souligner : aucun citoyen tutsi n’a pris une machette pour tuer son voisin hutu. C’est le pouvoir, son armée et son administration qui sont responsables de ces tueries.
Nous vous proposons cet article qui est une rediffusion pour vous montrer quelques réalités incontournables qui appuient nos propos. C’est pour éclairer l’opinion au moment où les discours de Pierre Claver Ndayicariye abondent les réseaux sociaux comme la seule vérité des faits.
Dans notre enquête, nous avons trouvé qu’en 1972, un génocide avait été minutieusement préparé et que les services de renseignement du pouvoir Michel Micombero n’ont pas bien fait leur travail car il se remarque une négligence inquiétante dans l’exploitation des informations qui ont été transmises sur les préparatifs de cette attaque. Rappelons que ces services ont régulièrement reçu des informations qu’il y avait des groupes de rebelles qui s’entrainaient en Tanzanie, dans Kigoma, et au Zaïre (actuel RDC). Les exemples sont légion :
Un agent de l’immigration travaillant à Gisuru aurait affirmé que début avril 1972, il est descendu à Bujumbura pour informer la Sureté Nationale qu’il y a des entraînements qui se faisaient en Tanzanie pour attaquer le Burundi. L’information n’a pas été prise au sérieux.
D’autres informations disent qu’un missionnaire européen d’une paroisse du sud a informé les autorités que pendant les retraites pascales, les jeunes hommes et les hommes valides ne s’étaient pas présentés comme d’habitude. Les fidèles lui avaient révélé qu’il y avait des camps en Tanzanie où ces jeunes se préparaient pour une guerre contre le Burundi.
Un certain Abdul Aziz Ntahiraja, ancien agent des renseignements, aurait révélé au journal Iwacu qu’il avait transmis l’information en rapport avec les préparatifs d’attaques rebelles au sud du Burundi, 6 mois avant le 29 avril 1972. Il affirmait avoir eu des informations par le biais de deux personnes (hutu) ; que des Hutus préparaient une attaque à partir de Kigoma, aidés par les Mulelistes : « J’ai informé Jean Bikamba et Gaspard Kazohera alors respectivement procureur et gouverneur de Bururi. Nous avons tenu une réunion à laquelle participait aussi Samuel Nduwingoma, commandant du camp de Bururi. » L’information aurait été exploitée jusqu’à connaitre même la date probable d’attaque.
C’est suite aux informations concordantes provenant de plusieurs sources, que les plus hauts responsables de la sécurité ont tenu une réunion de travail le 23 avril 1972 à Bururi. Les témoins anonymes affirment que participaient aussi à cette réunion le Ministre de l’Intérieur Albert Shibura, le Ministre de l’Information André Yanda, le Chef d’Etat-major Général des Forces Armées Burundaises Thomas Ndabemeye, l’Administrateur Général de la Sureté et Immigration Bernard Bizindavyi et le Commandant du Camp Bururi. Il paraitrait qu’ils n’ont pas jugé l’affaire ‘’suffisamment très grave’’. Mais, ils ont décidé de lancer une campagne de sensibilisation de la population, en commençant par Rumonge.
C’est exactement dans cette localité du Sud du pays que les attaques ont commencé le 29 avril 1972 vers 16hoo alors qu’à Bujumbura, il était prévu qu’elles commencent à 23hoo.
Deux ministres très influents du gouvernement Micombero, Albert Shibura et Yanda étaient à Rumonge dans les meetings de sensibilisation de la population. D’après des témoins rescapés, ils sentaient qu’il y avait quelque chose qui se tramait. En fin de journée, les massacres ont commencé. Tous les administratifs de Bururi qui s’étaient rendus à Rumonge ont été tués, découpés en morceaux à la machette, sur la route de retour. L’équipe des journalistes de la radio qui a couvert la réunion a été massacrée, et le véhicule émetteur a été brûlé. Les ministres Shibura et Yanda n’ont eu la vie sauve qu’en passant par une route détournée. Car la voie longeant le Lac Tanganika, de la frontière sud avec la Tanzanie jusqu’aux portes de la capitale Bujumbura était infestée d’hommes armés de machettes, de gourdins et de quelques fusils. Ces hommes, associés à d’anciens mulélistes congolais liquidaient tout ce qui était tutsi ainsi que les hutus qui refusaient de tuer ; disent les témoins.
Voici la liste de quelques victimes de l’administration de Bururi tuées par les génocidaires Hutus en 1972 :Rungarunga Domitien : 1er Secrétaire Provincial du Parti Uprona à Bururi

Dr Simbiyara Cyprien : Médecin Directeur de l’Hôpital de Bururi

Zidona Isidore : Conseiller du Gouverneur de Bururi

Nindorera Joseph : Commissaire d’arrondissement à Bururi

Karenzo Gaspard : Président du Tribunal de Grande Instance de Bururi

Bikamba Jean : Procureur de la République à Bururi

Rubati : Juge à Rumonge

Sinaniranye Adolphe : Inspecteur des Ecoles Primaires à Bururi

Baranyitondeye Pie : Directeur de l’Ecole primaire à Rumonge

Barampangaje Melchiade : Commissaire-adjoint et chef secteur de Rumonge

Kimaka Antoine : Administrateur de la Commune Burambi

Ndarusigiye Isidore : Médecin vétérinaire à Bururi

Albert : Secrétaire Comptable de la commune Bukemba

Nintije François : Commandant de la brigade de Rumonge

Ruhigira Déo : Chauffeur de l’Isabu MOSO

Ndikumuzambo Jean : Chauffeur de la commune Burambi

Capitaine Mbonihankuye : à Nyanza-Lac

Nijimbere Charles : Infirmier vétérinaire à Bukemba

Kivuvu Alphonse : Juge à Vyanda

Siboniyo : Chef de zone à Vyanda

Majugu Jean

Nturama Simon

Ndikunkiko Etienne
A Bujumbura, les tueries devraient commencer à 23 hoo. Le coup d’envoi des tueries devait être donné par la radio nationale. Elle devait être occupée par les tueurs à l’avance, en commençant par le Centre d’émissions, qui était en face de l’actuel mess des sous-officiers, à côté du Camp Muha. Le lieu est aujourd’hui occupé par des maisons du quartier Gasekebuye. Un des comploteurs avait été positionné à la Radio Nationale pour annoncer l’avènement de la « République du Soleil », dont l’emblème avait déjà été marqué sur la pièce d’un franc burundais utilisé à l’époque et avait été reproduit sur les grillages de plusieurs habitations
Les soirées dansantes devraient commencer à 22hoo. Le capitaine Marcien Burasekuye, organisateur en chef de la soirée des officiers de Bujumbura, avait convié tous les hauts gradés tutsis et même le Président de la République. Les rebelles étaient censés surgir à 23 heures pour accomplir leur sinistre besogne. Ces hommes drogués s’étaient cachés dans la brousse autour de la capitale.
Les gens de Bujumbura ont eu la vie sauve grâce à une erreur de ce fameux capitaine Burasekuye qui s’est endormi dans les bras d’une jeune femme à Musaga. Quand il s’est réveillé, il a cru qu’il était en retard. Il a couru vers le Mess des officiers et n’y a trouvé personne. Croyant que la soirée serait déjà terminée, il a ordonné de tuer ceux qui étaient sur les itinéraires. Dans leur égarement, ils réussirent quand même à brûler les voitures des passants et à tuer trois militaires (dont le capitaine Dodelin Kinyomvyi) qui rentraient paisiblement dans leur camp. D’autres informations disent que Kinyomvyi allait préparer l’arrivée de Michel Micombero au Mess des officiers. Ils étaient arrivés à hauteur de la Cathédrale Regina Mundi, là où a été érigé le monument du soldat inconnu. L’ordre attendu dans tout le pays via la radio nationale ne fut pas transmis. Dans la plupart des chefs-lieux, la fête se poursuivit jusqu’à l’aube. Les tutsi s’amusèrent sans se douter qu’ils avaient été sauvés de la mort par un concours providentiel de circonstances.
URNHITAMWONEZA condamnent avec sa dernière énergie les tueries de beaucoup de hutus et des tutsis par le pouvoir Micombero en 1972 et d’autres qui ont suivi jusqu’aujourd’hui en passant par le génocide des tutsis de 1993 après l’assassinat du président Melchior Ndadaye et des hutus tués par l’armée en voulant arrêter ce génocide. Nous avons toujours demandé que des juridictions habiletés et indépendantes soient mises en place pour établir les différentes responsabilités et sanctionner les seuls coupables au lieu de faire une globalisation éhontée comme quoi ‘’les hutus ont tué des tutsis et vice versa’’. Nous insurgeons aussi contre cette exploitation politique faite par le pouvoir actuel et Ndayicariye des évènements de 1972. Les os déterrés par Ndayicariye et son équipe dans toutes les provinces ne sont pas uniquement de 1972. Pourrait-il nous dire où se trouvent les fosses communes des tutsis tués en 1993 dans Karuzi et Gitega où il a déjà terminé son travail ? La plupart des témoins auxquels il fait recours sont les mêmes qui ont tué ces tutsis en 1993. Qu’il sache que tôt ou tard, ces ossements seront analysés par des spécialistes avec du matériel adapté et il sera le premier responsable de ce mensonge et de ce déni de génocide de 1993.

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