Burundi : De l’unité nationale, il ne reste aujourd’hui qu’un slogan politique(Sixième partie).

Burundi : De l’unité nationale, il ne reste aujourd’hui qu’un slogan politique
(Sixième partie).
Nous poursuivons notre analyse du discours du président Ndayishimiye à l’occasion de la célébration du 30eme anniversaire de la charte de l’unité nationale adoptée le 5 février 1991 ; un anniversaire qui intervient après la disparition de son initiateur, Pierre Buyoya.
Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur beaucoup de points non encore analysés en profondeur. Nous commençons par un point très important qui guide la bonne marche de toute société humaine. C’est la justice. ‘’La justice est le garant de l’unité nationale’’, disait le président Ndayishimiye. Il a ajouté : ‘’ Là où il n’y a pas de justice, tout est au point mort ‘’. L’injustice est à la base de toutes les guerres, tous les conflits. Selon le magistrat suprême, ‘’Si ceux qui avaient commis des crimes dans le passé avaient été poursuivis et jugés, nous n’en serions pas là aujourd’hui’’. Très bien dit. Si tous les criminels avaient été jugés et punis conformément à la loi, vous ne seriez pas président aujourd’hui. Vous auriez été pendu comme le Directeur du Lycée de Kibimba car beaucoup de témoignages disent que vous étiez parmi les gens qui ont exercé trop de pressions sur ce directeur pour qu’il fasse ce qu’il a fait (bruler vifs des élèves tutsis). Vous étiez étudiant en vacances pendant ce temps-là. Sans doute que vous vous en souvenez. Si ces témoins nous ont menti et que vous n’avez aucune responsabilité dans cet assassinat ignoble, Dieu ne vous en voudra pas. Et si c’est vrai que vous aviez joué ne fusse qu’un rôle petit soit-il, vous aurez, tôt ou tard, à répondre de vos actes. Le sang de ces innocents ainsi que celui de beaucoup d’autres que vous auriez versé pendant votre parcours dans le maquis vous poursuivra.
Sur ce point de la justice, Evariste Ndayishimiye n’a pas oublié d’interpeller les hommes de la loi : ‘’Si un juge refuse de rendre justice pour un crime et que les proches de la victime exercent la vengeance, c’est ce juge qui doit être jugé responsable de cette situation’’. C’est une bonne théorie Monsieur le Président. Dans nos pays, la faute des juges est partagée. On dirait qu’elle incombe à vous les politiciens qui les manipulent. Puisque vous avez le droit de vie et de mort sur eux, ils rendent la justice que vous leur dictez. De l’autre côté, la part de leur responsabilité est aussi importante car un homme d’honneur n’accepterait pas de dire ce qui est en dehors de la vérité, il préfèrerait la prison ou l’exil, pourquoi pas la mort quand la vérité dite sert à sauver beaucoup de vies humaines.
Le président Ndayishimiye a ajouté dans son discours ‘’qu’une telle date doit être l’occasion d’une introspection, on se rappelle de l’adoption de l’unité nationale pour faire un trait sur notre passé sombre, et pouvoir aussi faire notre autocritique afin de ne plus céder à nos démons ‘’. Monsieur le président, qu’est-ce qui vous empêche de vous libérer des démons des divisions ethniques, des exclusions, des injustices de toutes natures, puisque vous êtes au courant du passé sombre que notre pays a traversé ? Pourtant vous dites toujours que vous êtes catholique croyant. Dieu est amour. Qui n’aime pas les hommes qu’il voit n’aime pas Dieu. Vous devez avoir lu ces versets bibliques. Comment un pouvoir dont vous incarnez puisse utiliser une commission dite vérité et réconciliation, non pas pour montrer la vérité qui réconcilie les cœurs, mais juste pour rappeler aux hutus que ce sont des tutsis qui ont tué des hutu en 1972, juste pour leur faire un clin d’œil afin qu’ils préparent la revanche. Pourtant, la vérité est que les hutus qui sont morts en 1972 n’ont pas été tués par les tutsis, mais par un pouvoir. Aucun tutsi n’a pris une machette pour tuer son voisin hutu. Tout le monde le sait bien. Ce qui est contraire à 1993, où des hutus ont systématiquement éliminé leurs voisins tutsis sur incitation de l’administration Frodebu ( hutue). Qu’est-ce que vous gagnez Monsieur le président, aujourd’hui que vous avez le pouvoir, à semer encore une fois la haine entre hutus et tutsis ? Votre Kenny Claude Nduwimana n’a jamais cessé d’insulter les tutsis sans aucune raison et vous cautionniez cela car il disait à haute voix ce que la plupart de vous (la clique militaire et les autres extrémistes hutus) pensent bas ou parlent entre eux dans leurs salons ou bistrots. Et vous osez dire, sans aucune honte, dans votre discours à l’occasion de la fête de l’unité nationale que ‘’les dirigeants doivent être de bons parents et un bon parent gouverne pour tous’’. Arrête de manipuler l’opinion. Ce que vous dites et ce que vous faites sont diamétralement opposés. Le recensement ethnique que vous avez fait faire, les nominations aux postes de responsabilités qu’on observe tomber chaque jour, montrent bien que vous avez créé au Burundi deux blocs : un bloc des membres du cnddfdd à qui tous les responsabilités du pays sont confiées et qui reçoivent tous les avantages et un autre bloc des non membres de ce parti qu’il faut faire mourir de faim, qu’il faut éliminer physiquement à toute occasion qui se présente. Nous y reviendrons en détail
URN HITAMWONEZA rappelle encore une fois à qui veulent nous entendre et spécialement à ceux qui se croient puissants aujourd’hui, que les choses changent. Ils ne le seront pas demain. Ceux qui sont persécutés ne resteront pas longtemps les bras croisés. S’ils acceptent d’encaisser des coups durs aujourd’hui, la patience a des limites. Le peuple devrait se lever pour dire non à ces leaders qui persécutent les burundais soit disant qu’ils ne sont pas de leurs ethnies ou tendances politiques car leur colère n’épargnera personne. Quand un conflit, une guerre éclate dans un pays, tout le monde en subit les conséquences fâcheuses d’une façon ou d’une autre. Evitons d’arriver à ce stade en obligeant nos leaders d’être juste envers tout le monde et s’ils ne veulent pas, les obliger à céder la place à ceux qui le peuvent.

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