Burundi : Pourquoi l’engouement des réfugiés burundais à rentrer dans leur mère patrie ?

Burundi : Pourquoi l’engouement des réfugiés burundais à rentrer dans leur mère patrie ?
Le mouvement de rapatriement des burundais se trouvant dans les camps des réfugiés de la région des grands lacs a commencé timidement, mais s’accélère ces derniers temps. 1241 burundais du camp de Mahama au Rwanda ont été volontairement rapatriés le 17 Février 2021, tandis que 190 ont également rejoint leur pays natal en provenance du camp de Kavimvira en RDCongo. Pourquoi cet engouement ?
Il faut bien dire que ce qui motive les réfugiés à retourner dans leur pays est que leur problème soit résolu. Dans nos pays, les uns fuient la famine, d’autres, et ils sont les plus nombreux, fuient les persécutions, l’insécurité dans leur pays d’origine. La plupart de burundais qui se trouvent dans les camps de réfugiés en Tanzanie, au Rwanda , en Ouganda, au Kenya et en République démocratique du congo ont fui l’insécurité qui régnait dans le pays, spécialement consécutive au 3eme mandat illégal et illégitime de Pierre Nkurunziza. Personne n’ignore qu’il y en a aussi, surtout ceux qui habitent les provinces frontalières avec les pays voisins, qui profitent du départ des autres pour se rendre dans les pays d’asile, soit pour y initier des activités productives de revenus comme le commerce, l’agriculture et autres. D’autres fuient la famine quand la récolte n’a pas été bonne
Selon la loi régissant les réfugiés, le rapatriement doit être volontaire. C’est-à-dire quand ce qui a poussé quelqu’un à fuir n’est plus. Mais, on a remarqué que les réfugiés burundais qui se trouvaient en Tanzanie ont été persécutés par les imbonerakure qui se faisaient passer pour des réfugiés, en collaboration avec la police tanzanienne pour les forcer à retourner au pays ; une manœuvre concoctée par le pouvoir au Burundi avec le pouvoir en Tanzanie en vue de tromper l’opinion que la sécurité est totale car même les réfugiés sont entrain de rentrer. C’est ainsi que certains réfugiés ont été tués, d’autres emprisonnés, d’autres arrêtés par la police tanzanienne et remis au service des renseignements burundais ; d’autres qui sont restés aux camps ont été privés de toutes activités productives de revenus au moment où l’assistance du HCR diminuait progressivement. C’est pour cette raison que la plupart ont été forcés de rentrer malgré l’insécurité qui persiste au pays par peur de mourir dans les camps de réfugiés en Tanzanie.
Les premiers réfugiés burundais ont quitté le camp de Mahama au Rwanda le 27 Aout 2020 ; ils étaient moins de 500 ; aujourd’hui, ils dépassent 1000 réfugiés par tour, et il y a un mouvement de rapatriement chaque semaine. Les premiers 286 burundais ont quitté officiellement le camp de transit de Sange et Kavimvira en Rdcongo le 23 septembre 2020, tandis que les premiers 227 burundais ont été rapatriés par vol humanitaire en provenance de l’Ouganda le 14 décembre 2020.
Il y a lieu de penser que l’accélération du rapatriement au Rwanda est dû à la récente annonce du HCR de réduction de 60% de l’assistance octroyée aux réfugiés, ceux qui sont en Rdcongo étaient habitués à passer plus de 3 mois sans assistance aucune, et ceux de la Tanzanie subissent toujours le même harcèlement des agents de sécurité tanzaniens en collaboration avec la milice imbonerakure et le service des renseignements burundais.
Il y a lieu aussi de penser que les réfugiés sont persuadés par l’accalmie et les discours alléchants d’Evariste Ndayishimiye qui, d’un moment appelle les réfugiés à regagner leur pays natal, d’un autre commence à les comparer à des chèvres des pays d’asile.
L’accalmie ne veut pas dire que les gens ne sont pas tués au Burundi. Les criminels ont plutôt trouvé d’autres stratégies de les tuer sans bruit et sans exposer les cadavres. On avait l’habitude de trouver au moins une vingtaine de cadavre chaque mois, spécialement sur la Rusizi. Probablement qu’ils ont décidé d’attacher sur les cadavres de grosses pierres avant de les jeter dans l’eau pour qu’ils ne remontent pas à la surface comme allait le faire Aimée Irambona, ce chef de l’urbanisme à Gitega et responsable des imbonerakures qui a été arrêté par la police le 26 décembre 2020 avec le cadavre d’Ezechiel Ndayisenga et une grosse pierre dans son véhicule. Il allait le jeter dans la Ruvyironza, et personne n’aurait su qu’il a été assassiné.
Il faut rappeler aussi aux rapatriés de Mahama au Rwanda que des consignes ont été donnés aux administratifs et aux imbonerakure de surveiller de près tous les réfugiés en provenance du Rwanda car le pouvoir d’Evariste Ndaysihimiye les soupçonne d’avoir appris l’art de combattre ; ce qui est un faux prétexte pour leur faire du mal. Un certain Eric, de la colline Gatete, zone Gasare en commune Busoni dans Kirundo, rapatrié au 3eme tour sur appel du président Ndayishimiye a été enlevé chez lui après deux jours et tué en septembre 2020. C’est juste un cas illustratif.
URN HITAMWONEZA n’a aucune intention d’empêcher ou de faire peur aux burundais qui le veulent de rentrer dans leur pays. C’est leur droit le plus absolu. Mais, que chacun fasse analyse de la situation et décide de rentrer en âme et conscience sans suivre aveuglement le mouvement des autres car ils n’ont pas tous fui la même chose. Le HCR devrait faire un effort particulier pour chercher l’assistance nécessaire pour la bonne survie de ceux qui resteront dans les camps et veiller à ce que les pays d’accueil leurs accordent la sécurité qu’il faut ; sinon, leur trouver un autre pays d’accueil au moment où ils se sentent en insécurité là où ils sont est la règle.

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