Burundi : Quand est ce que la clique militaire au pouvoir au Burundi pensera-t-elle à prendre au sérieux la pandémie de covid-19 ?

Burundi : Quand est ce que la clique militaire au pouvoir au Burundi pensera-t-elle à prendre au sérieux la pandémie de covid-19 ?
La question mérite d’être posée car il s’agit de la vie de tout un peuple qui est en danger. Covid-19 est une pandémie qui menace le monde entier, encore plus le Burundi qui a très peu de moyens pour lutter contre cette pandémie et encore moins pour soigner ceux qui sont déjà contaminés.
Plus de 24 millions de personnes dans le monde ont été contaminées par cette pandémie ; plus de 2,74 millions en sont mortes. En Afrique, les chiffres sont aussi terribles : plus de 4.035.708 personnes seraient déjà affectées ; 3.620.340 en sont guéries tandis que plus de 107.778 sont déjà mortes.
Le Burundi semble ignorer que cette pandémie existe. On a vécu des moments où les leaders disent au peuple que Dieu protège l’air respiré par les burundais, qu’ils ne peuvent pas être contaminés par la pandémie ; les discours ont changé par après, invitant la population à lutter contre covi-19. Quelques tests ont été faits ; quelques centres de dépistage ont été créés dans le pays, spécialement dans Bujumbura. Aujourd’hui, ces centres sont fermés, seul celui de l’hôtel Bon accueil reste fonctionnel à Bujumbura.
Où est ce qu’on en est aujourd’hui ? La situation est maitrisée selon le ministère burundais de la santé et le pouvoir d’Evariste Ndayishimiye. Au moment où presque tous les pays du monde déploient tous leurs efforts pour trouver des vaccins pour leur peuple, le Burundi estime que le vaccin n’est pas encore nécessaire. Il présente un bilan plutôt positif de la pandémie : seules 192 personnes sont testées positives de covid-19 sur tout le territoire, 6 personnes sont déjà mortes au Burundi. C’est la conclusion tirée à la fin de la 17eme réunion du comité national de lutte contre la propagation et la contamination de Covid-19 au Burundi. Présidée par le ministre de l’intérieur, de la sécurité et du développement communautaire, le Général Gervais Ndirakobuca le 22 mars 2021, elle avait pour objet d’évaluer la mise en œuvre de la campagne de lutte contre la pandémie covid-19 au Burundi.
Le chef c’est l’exemple dit-on. Comment les leaders burundais peuvent-ils dire qu’ils ont initié une campagne de lutte contre la pandémie au moment où personne parmi eux ne peut montrer un exemple en portant au moins un masque de protection dans les lieux publics. De quel genre de campagne parlent-ils ? Est-ce que la population a-t-elle été sensibilisée sur les mesures barrière pour se protéger contre covid-19 ? On voit les burundais dans les lieux publics sans masques, ils ne savent pas ce que c’est la distanciation sociale ; encore moins le lavage régulier des mains. Les gens s’embrassent sans aucune inquiétude. Bref, aucune mesure barrière n’est appliquée au Burundi. C’est tout à fait normal quand cette négligence commence par les chefs qui devraient pousser le reste de la population à respecter ces mesures.
Trois illustrations récentes montrent l’inconscience des leaders burundais à tous les niveaux. Le premier et le plus banal concerne la tenue de la réunion d’évaluation de la mise en œuvre de la fameuse campagne de lutte contre la pandémie. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des membres du comité national assis dans une salle sans distanciation sociale et personne ne porte de masque. Supposons qu’ils ne savent pas la valeur de la communication dans une campagne de sensibilisation de la population, n’ont-ils pas au moins conscients qu’ils peuvent se contaminer mutuellement ? Avaient-ils tous fait le test covid-19 avant d’entrer dans la salle ? Comment les gens pourraient-ils croire à ce qu’ils disent quand eux-mêmes ne peuvent pas montrer un exemple ?
Le deuxième cas concerne le président Evariste Ndayishimiye lui-même. Il s’est associé à la population de Kamenge dans la prière dominicale du 21 mars 2021 à la paroisse Regina Pacis Socarti de Kamenge. A voir les images circulant sur les réseaux sociaux, personne dans une église pleine à claquer de personnes, aucune d’entre elles ne porte un masque, la distanciation sociale est une chose inexistante chez eux, les gens sont entassés comme des sacs de haricots dans un magasin. Et, figurez-vous, le président ose parler de lutte contre Covid-19 dans cette messe. Etait-il sérieux ou il le disait par fantaisie ? Si lui et son entourage ne sont pas conscients du danger de cette pandémie et osent se présenter dans une église où des gens sont entassés de la sorte sans masques, comment la population pouvait-elle croire à ce que le président était en train de leur raconter ?
Comme si cela ne suffisait pas, à l’aéroport Melchior Ndadaye, à son départ pour le Caire en Egypte où il est parti en visite le 23 mars 2021 avec une forte délégation de 4 ministres et 10 hommes d’affaires, on voit le président Ndayishimiye avec son entourage et toute la délégation sans masques. Et pourtant, à leur arrivée au Caire, les images nous montrent le président Ndayishimiye et son entourage, tous avec des masques couvrant presque tous le visage. On dirait que nos chefs jouent des comédies. Pourquoi ils portent les masques en Egypte quand ils n’osent pas les porter au Burundi ? Parce qu’au Burundi il n’y a pas de covid-19 ? Pas du tout. Le coronavirus fait des dégâts au Burundi, et le gouvernement n’en parle pas. Le ministre Thaddée Ndikumana l’a si bien dit : les chiffres qu’ils donnent concernent uniquement ceux qui se sont fait dépister, testés positifs et qui meurent à l’hôpital.
URN HITAMWONEZA demande au peuple burundais de se rendre compte qu’il n’a pas de leaders qui se soucient de leur santé ; qu’il faut, chacun en ce qui le concerne, prendre des mesures suffisantes pour sa protection. La lutte contre cette pandémie demande la conscience de tout le monde. Mais, si chacun se souvienne de son masque dans tout lieu public, qu’il évite les attroupements le plus possible, se lave régulièrement les mains ou utilise le produit adapté, évite de toucher les autres des mains, etc…, il y a moyen de minimiser les risques de contamination. Le risque est grand que le Burundi qui reste en arrière par rapport aux autres pays du monde dans la lutte contre covid-19 de se voir, d’ici peu, isoler du monde entier. C’est alors au peuple de rappeler à ses leaders qu’ils doivent prendre des mesures conséquentes. En cas d’incapacité ou de refus, la solution c’est de les écarter de la gestion du pays pour que ceux qui le peuvent prennent la relève. Nous devons être vigilants et prendre en main l’avenir de notre nation le moment venu.

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