Burundi : Un semblant de paix qui cache de graves violations des droits de l’homme

Nations Unies

Burundi : Un semblant de paix qui cache de graves violations des droits de l’homme
C’est le constat amer de la commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi. Son cinquième rapport a été rendu public le 15 sept 2021 à Genève par son président, Doudou Diène. « Nous appelons toutes les personnes soucieuses du Burundi à regarder sous la surface. Depuis l’investiture du président Ndayishimiye il y a 15 mois, non seulement de graves violations des droits de l’homme ont continué d’être commises, mais à certains égards la situation s’est détériorée ».
Quoi qu’interdite de travailler sur le sol burundais, la commission dit vrai et ce n’est pas le pouvoir Ndayishimiye qui ne le sait pas. Il ne cessera jamais de dire que c’est une commission téléguidée et qui donne des rapports fallacieux, mais, il ne démentira jamais, preuves à l’appui, ses rapports. Par exemple, quand on parle des personnes tuées, des cadavres retrouvés ici et là dans le pays, des personnes portées disparues et d’autres torturées, le gouvernement se contentera de dire que c’est faux, mais ne montrera jamais les personnes enlevées au grand jour par les services de l’Etat et dont on ne retrouvera jamais les traces.
Les cibles sont connues de tous. Le rapport les mentionne aussi. Il s’agit généralement des membres du principal parti d’opposition, le Congrès national pour la liberté (CNL), d’anciens membres des Forces armées burundaises (ex-FAB) dominées par les Tutsis, des rapatriés et certains membres de leurs familles. Certains ont été exécutés, d’autres ont disparu ou ont été torturés alors qu’ils étaient détenus arbitrairement.
Et les principaux auteurs de ces graves violations des droits de l’homme (dont certains pourraient constituer des crimes contre l’humanité, selon le rapport de la commission) sont aussi cités dans les différents rapports de cette commission onusienne. ‘’Il s’agit des agents du Service national de renseignement (SNR), des policiers – y compris des Groupes mobiles d’intervention rapide (GMIR) – et des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi CNDD-FDD, connus pour leur brutalité’’
Il est anormal qu’une commission onusienne donne de tels rapports et que les différentes organisations aussi bien régionales qu’internationales dont les Nations Unies ne prennent pas de mesures de contraindre le pouvoir Ndayishimiye à cesser ces violations des droits de l’homme dans son pays. On dirait que le Burundi a été jeté dans les oubliettes, que les citoyens burundais sont laissés à la merci des criminels du cnddfdd comme des animaux dans la jungle. Et le monde entier continue de crier démocratie et respect des droits de l’homme. Quand des militaires se lèvent pour arrêter certaines bavures des dictateurs au pouvoir (exemples récents : Mali et Guinée), les organisations régionales se hâtent à prendre des sanctions, les différentes organisations internationales et certains pays se bousculent en sortant des déclarations de condamnation. Mais, ils ne disent rien quand ces dictateurs tuent dans l’impunité totale les peuples sous leurs responsabilités. Pourquoi ? Parce que certains, dans leurs pays, ils font de même, juste pour se maintenir au pouvoir, mais à des degrés différents. Seulement, au Burundi, ils sont incapables de tout cacher car soit, ils tuent beaucoup de gens et exagèrent, soit ils le font bêtement.
Le président Evariste Ndayishimiye ne cesse de faire de bons discours pour faire croire au monde entier qu’il est bon, qu’il fait tout pour améliorer la situation des droits de l’homme dans son pays, mais les gens continuent de mourir chaque jour, ses paroles ne sont que de vains mots. Et il est dans l’incapacité totale de réagir alors qu’il sait très bien que ce sont les services sous sa responsabilité qui sont responsables de tous ces actes ignobles. Les différentes organisations de défense des droits de l’homme au Burundi montrent qu’il y a plus de personnes tuées, portées disparues, depuis qu’il est aux affaires que lors du pouvoir de son prédécesseur. La raison est simple : Les criminels sont les mêmes, mais ils sous estiment l’autorité d’Evariste Ndayishimiye et obéissent aux différents chefs de bourreaux qui ont mis au pouvoir Evariste Ndayishimiye par deux voies : Ce sont eux qui ont imposé sa candidature aux élections de mai 2020 au moment où Pierre Nkurunziza proposait Pascal Nyabenda ; ensuite, après avoir perdu les élections, c’est la clique militaire qui lui a imposé vainqueur en changeant, au grand jour, les résultats. C’est dire qu’il n’a pas le pouvoir en main, le pouvoir est détenu par d’autres. Et il ne peut même pas les changer au risque de perdre, soit ce pouvoir, soit sa vie ou les deux à la fois. C’est devenu donc comme une convention entre lui et cette clique militaire : continuer à parler ( à crier) et laisser nous faire notre travail.
Les quelques mesures sporadiques prises par le président Ndayishimiye ne sont pas suivies d’effets car le sont en violation grave de toute procédure administrative ou légale. La commissaire Françoise Hampson l’a si bien dit : « Lorsque les décisions du gouvernement sont prises arbitrairement, même à des fins positives, cela a une influence globalement corruptrice ».
Elle a ajouté qu’‘’au Burundi, on ne peut pas non plus compter sur le pouvoir judiciaire pour prévenir ou remédier aux violations des droits de l’homme. Notre rapport montre comment l’exécutif n’a fait que renforcer son contrôle de la justice sous la nouvelle administration’’.
Pourtant, Evariste Ndayishimiye passe des jours entiers à les condamner sans rien changer. Les juges et magistrats ont tenu à rappeler au magistrat suprême ce qu’il savait déjà : que ce sont les généraux et les hommes influents au sein du cnddfdd qui donnent les ordres au système judicaire et l’empêchent ainsi à faire un travail professionnel. Ces derniers en profitent eux aussi pour monnayer leur service afin de joindre les deux bouts du mois car comme ils l’ont déclaré devant le président Ndayishimiye, ils sont aussi moins rémunérés à l’image de beaucoup d’autres fonctionnaires de l’Etat.
URN HITAMWONEZA regrette que malgré tous ces rapports qui montrent de graves violations des droits de l’homme au Burundi, malgré les alertes sur un risque de génocide à grande échelle que nous lançons chaque jour, les organisations sous régionales, régionales et les Nations Unies semblent fermer les yeux et les oreilles et se contentent des déclarations de bonnes intentions du président Ndayishimiye qui ne sont que de vains mots. Les pays et les organisations continuent de l’accueillir comme un chef de l’Etat comme les autres (y compris les USA-grand défenseur des droits de l’homme- qui l’accueilleront bientôt), d’autres commencent timidement à appuyer financièrement son gouvernement. Nous ne cesserons jamais de le répéter : que tous ces Etats et organisations qui soutiennent ce pouvoir s’apprêtent à assumer la responsabilité du génocide à grande échelle, voire régionale, qu’Evariste Ndayishimiye et son pouvoir cnddfdd sont en train de préparer. Que demain ils ne disent pas qu’ils ne l’ont pas su et qu’ils ne courent pas réparer les pots cassés quand ils n’ont pas voulu nous écouter et prévenir le pire avant qu’il n’arrive. A bon entendeur, salut !

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