Burundi : Pourquoi Evariste Ndayishimiye tourne son regard vers les pays arabes

Burundi : Pourquoi Evariste Ndayishimiye tourne son regard vers les pays arabes.
Recherche des devises ? Du carburant ? Nous le saurons. Un communiqué de la porte parole du président Ndayishimiye qui circule sur les réseaux sociaux annonce un déplacement, ce 8 Novembre 2021, du président Evariste Ndayishimiye et son épouse vers les Emirats Arabes Unis. La mission du président durera 5 jours, lit-on dans ce communiqué. Que c’est étrange de voir comme motif du déplacement du couple présidentiel : ‘’prendre part à l’Exposition Universelle de Doubaï, Expo2020 Doubaï’’ ! La visite s’inscrit aussi dans le cadre du renforcement des relations entre le Burundi et les Emirats Arabes Unis ; ajoute le communiqué. Une formule toujours utilisée lors des déplacements de tous les chefs d’Etat du monde quand ils visitent d’autres pays.
Mais, le vrai motif de la visite de cinq jours reste un secret d’Etat. Il y a lieu cependant d’imaginer ce qui pousse le président Evariste Ndayishimiye de tourner son regard vers les pays arabes aujourd’hui.
Le premier constat est que le Burundi est dans une situation économique catastrophique. Ce pays sous la dictature du cnddfdd depuis 2005 connait aujourd’hui une pauvreté sans nom ; un pays le plus pauvre du monde alors qu’il regorge des richesses minières importantes (certaines qu’on ne peut même pas retrouver dans d’autres coins du monde). Il est alors compréhensible que la mauvaise gouvernance est la cause principale de son sous-développement. Dès leur arrivée au pouvoir, les leaders du cnddfdd faisaient la course à la montre pour s’enrichir le plus rapidement possible. Et au fur et à mesure que leur pouvoir se renforçait, le cnddfdd s’est mis à chasser, et ce dans tous les domaines de la vie du pays, tout le personnel qualifié non membre de ce parti pour le remplacer par des incompétents, même non formés, uniquement parce qu’ils sont membres du cnddfdd ; une manière de leur trouver du travail pour récompenser leurs efforts en faveur de ce parti depuis le temps du maquis. Le pays est dès lors tombé sur une pente glissante et il est actuellement au bas de l’échelle mondiale.
Aujourd’hui, le pays manque de devises, il manque de médicaments, de fertilisants, de ciment, de sucre, de matières premières pour le fonctionnement de tout ce qui reste fonctionnel comme entreprises ou sociétés de production ; il affiche un manque de carburant à tel point que le ministre en charge de ce domaine annonce sur les médias que les stocks sont vides. Les hôpitaux crient que les ambulances ne peuvent pas trouver du carburant et les burundais malades en état grave doivent mourir car ne peuvent pas être secourus.
Le pouvoir d’Evariste Ndayishimiye a remué ciel et terre pour que l’Union Européenne arrive à lui ouvrir les robinets fermés depuis 2016 à la suite des violations graves des droits de l’homme consécutives aux manifestations contre le troisième mandat illégal et illégitime de l’ancien président Pierre Nkurunziza. L’UE n’a pas directement accepté la demande car les discours de bonnes intentions du président Ndayishimiye n’ont jamais été suivis des faits concrets en matière de respect des droits de l’homme. Par contre, les disparitions forcées, les arrestations arbitraires, les tortures, les emprisonnements abusifs, se sont multipliés et les cadavres sont retrouvés chaque jour dans les rivières et lacs et sur les collines. Dans ces conditions, les robinets européens et américains devraient continuer à fermer.
La première hypothèse est que le président Evariste, très acculé par le risque d’arrêt de fonctionnement de son gouvernement par manque de ressources financières, aurait décidé de se tourner vers les pays arabes qui ne lui imposent aucune condition de respect des droits de l’homme. Le risque de collaborer avec les Etats qui soutiennent le terrorisme mondial est grand. La Russie et la Chine étaient les principaux partenaires du pouvoir cnddfdd depuis l’imposition des sanctions économiques par les pays européens moins la France qui a toujours été à ses côtés pour des motifs non encore élucidés. La France serait soupçonnée de soutenir encore les FDRL via son partenariat en matière de défense qu’elle a initié avec le Burundi en violation des sanctions européennes. Une manière de vouloir corriger son erreur de 1994 quand ces génocidaires ont été chassés du Rwanda par les forces du FPR alors qu’ils avaient un soutien total de la France
Deuxième hypothèse : Le pouvoir d’Evariste Ndayishimiye est en train de changer progressivement les anciens fournisseurs du carburant et autres produits de première nécessité mis en place par son prédécesseur pour donner les marchés aux partenaires négociés par lui-même ou ses hommes. C’est dans ce même registre qu’il est entrain de rompre les contrats miniers avec les anciens partenaires (nous l’avons détaillé dans l’un de nos publications). Taluk Bachir qui avait le monopole de la livraison du carburant au Burundi n’est plus en bons termes avec Evariste Ndayishimiye. Il serait sur le point d’être remplacé par un fournisseur burundais. Celui qui est soupçonné d’avoir beaucoup plus de chance par rapport aux autre est l’homme d’affaire Adrien Ntigacika , connu sous le nom de Ziranotse. Lors de cette visite, le président Ndayishimiye pourrait négocier pour lui aux Emirats Arabes Unis, un fournisseur de taille qui sera en contact permanent avec le pouvoir, et Ziranotse ne sera qu’un intermédiaire officiel.
Nous saurons plus tard les vrais motifs de cette visite de 5jours du couple présidentiel. Cinq jours qui semblent trop pour un pays qui accuse un manque criant de devises. C’est dire que le peu qui reste est entièrement utilisé pour des visites non productives du couple présidentiel comme s’ils faisaient des voyages de plaisir avec les maigres frais du contribuable burundais.
URNHITAMWONEZA demande encore une fois aux burundais de se rendre compte que le pouvoir cnddfdd qui prend en otage le peuple depuis 2005 n’a fait que ruiner ce beau pays qui arrive sur une pente glissante. A chacun de penser à ce qui devrait être fait pour sauver ce qui reste à sauver. Les partenaires du Burundi devraient encore faire attention au soutien qu’ils envisagent apporter au pouvoir d’Evariste Ndayishimiye. Ceux qui ont comme principe de coopération le respect des droits de l’homme se rendent compte que ce pouvoir ne fait que le contraire malgré les bonnes déclarations d’Evariste Ndayishimiye. Il parle respect des droits de l’homme, lutte contre la corruption et les malversations économiques, mais les hommes sous ses ordres font juste l’opposé de ce qu’il déclare aux médias. C’est dire que c’est un jeu convenu au sein de la clique militaire au pouvoir, juste pour distraire l’opinion. Ce pouvoir, aux visées génocidaires, devrait être chassé pour que les Burundais retrouvent des leaders éclairés qui pourraient rassembler tous les burundais, sans exclusion, pour la reconstruction et le développement social du pays.

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