Burundi : Quand Joe Biden fait une fausse lecture de la situation des droits de l’homme au Burundi

Burundi : Quand Joe Biden fait une fausse lecture de la situation des droits de l’homme au Burundi
Joe Biden, président des Etats unis d’Amérique, vient d’annuler, ce 18 Novembre 2021, les sanctions imposées par son pays au Burundi et à certains leaders burundais depuis 2015. Cette décision est tombée au moment où le secrétaire général du cnddfdd, Reverien Ndikuriyo, venait de déclarer publiquement, le 16 Novembre 2021 à Mpanda en province de Bubanza , lors de l’ouverture de la semaine dédiée au combattant cnddfdd, que sa milice imbonerakure tue rapidement toute personne soupçonnée de vouloir perturber la sécurité du pays. En d’autres termes, il a accepté publiquement, et avec fierté, que les différents cadavres trouvés ici et là dans le pays sont l’œuvre de la milice imbonerakure sous sa responsabilité. Et cela n’engage pas uniquement Reverien Ndikuriyo, mais tout le système cnddfdd au pouvoir depuis 2005.
Il est alors étonnant et surprenant de voir comme justificatif de la décision américaine que la situation a évolué au Burundi. Nous donnons quelques cas illustratifs pour démontrer le contraire.
Le cadavre de Nibigira claude, membre du CNL, a été retrouvé le 09 Novembre 2021 dans une vallée dans Buterere à quelques kilomètres de la capitale économique Bujumbura. Il avait été enlevé quelques jours avant par les membres de la milice imbonerakure. La famille a eu la chance de voir son cadavre et l’enterrer avec dignité avant que les administratifs ne le fassent enterrer avant son identification comme il est d’habitude partout dans le pays quand un cadavre est découvert. Le 30 juin 2021, un jeune homme du nom de Baserukiye Bernardin a été fusillé par les policiers chez lui à Kivumu, en commune Mugamba, province Bururi sur ordre du commissaire communal Arakaza Moise alias Nyegenyega. Ce jeune venait d’être libéré par la grâce présidentielle. Voilà seulement deux exemples illustratifs, l’un concernant la milice imbonerakure et l’autre les membres des forces de l’ordre, parmi les nombreux cas d’exécutions extrajudiciaires. Pour les disparitions forcées, on peut citer le cas d’Elie Ngomirakiza, ce représentant du CNL dans la commune de Mutimbuzi, qui a été enlevé au grand jour sur la route Bubanza par le Lieutenant-Colonel Aron Ndayishimiye et conduit à bord de son véhicule militaire dans la réserve naturelle de la Rukoko dont on n’a jamais vu même le cadavre.
Les différentes organisations de défense des droits de l’homme au Burundi ne cessent de dégager des rapports dont les Etats Unis sont au courant. Par exemple, le rapport de ACAT Burundi sorti au mois de juillet 2021 parle de 17 tués et cadavres trouvés, 13 portés disparues, 37 arrestations arbitraires. Celui du 2 Sept 2021 parle de 24 personnes tuées, 02 personnes portées disparues et 30 arrestations arbitraires au cours du mois d’Aout 2021 ; Sos Torture, dans son rapport no 279 du 10 au 17 Avril 2021 donne un chiffre de 11 personnes tuées ; 08 blessées ; 03 arrestation et détentions arbitraires ; o1 cas de viol de mineure. La seule Ligue Iteka a inventorié depuis l’arrivée au pouvoir d’Evariste Ndayishimiye, 791 personnes tuées dont 384 cadavres trouvés, 149 viols, 114 personnes torturées et 1166 cas d’arrestations arbitraires. Début Novembre 2021, dans son rapport ‘’Derrière les grilles : recrudescence des cas de torture et de disparition’’, l’Initiative pour les droits humains au Burundi, IDHB, a décrit une situation alarmante des violations des droits de l’homme depuis Avril 2021. Il montre que malgré les bons discours d’Evariste Ndayshimiye, les cas d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires, de tortures, se multiplient au Burundi. Terminons ce registre par cette lettre de 43 organisations des droits de l’homme, nationales et internationales, transmise le 18 Aout 2021, au conseil des droits de l’homme des NU pour alerter sur les violations des droits de l’homme au Burundi et demander le prolongement du mandat de l’équipe des NU d’observation des droits de l’homme au Burundi. Ces organisations soulignaient que plus de 170 personnes ont été tuées depuis mai 2021 ; beaucoup d’arrestations et emprisonnements arbitraires et plus de 100 disparitions forcées. Pourtant, le bureau de l’envoyé spécial des NU au Burundi a fermé le 31mai 2021.
Monsieur le Président, nous estimons que dire que la situation au Burundi s’est améliorée, que le transfert du pouvoir après les élections de 2020 s’est fait dans le calme, dire que le président Ndayishimiye est en train de faire des reformes remarquables et décider pour cela d’annuler les sanctions imposées au pays et aux leaders qui étaient accusés de graves violations des droits de l’homme signifie ni moins ni plus prendre une mauvaise décision sur base d’une mauvaise analyse de la situation. Même un enfant de l’école primaire qui s’intéresse à ce qui se passe au Burundi peut trouver mille arguments pour démontrer qu’il n’y a jamais eu d’amélioration dans tous les secteurs de vie du pays depuis l’arrivée au pouvoir d’Evariste Ndayishimiye. Le seul changement qu’il a marqué, c’est voyager à l’extérieur du pays. Positif ou négatif ? La réponse est à nuancer. Certains estiment que les maigres ressources du pays sont dépensées dans ces multiples déplacements non productifs. D’autres pensent qu’au moins la communauté internationale sent qu’il y a une certaine ouverture par rapport à feu Pierre Nkurunziza. Mais, plus d’une fois, ce président a dit des bêtises qui salissent l’image du pays. Personne n’ignore que les élections ont été trichées par la clique militaire au pouvoir et que la terreur qu’elle a imposée au peuple qui avait voté pour le changement justifie ce que Biden appelle transfert du pouvoir dans le calme. Les reformes d’Evariste Ndayishimiye sont encore au niveau des paroles. A moins que Biden apprécie les bonnes déclarations d’intentions qui ne se concrétisent pas par des actions.
L’URN HITAMWONEZA qui ne doute à aucun instant de la capacité de recherche de renseignement et d’analyse de la situation des américains, s’étonne et regrette la décision du président Joe Biden. C’est sans doute une décision politique prise pour l’intérêt des Etats Unis d’Amérique, mais qui a des répercutions très dangereuses sur le peuple burundais. Le décret de Joe Biden a été signé le 18 Novembre 2021, et le 19 novembre 2021, tous les imbonerakure et les grands criminels du cnddfdd étaient en fête ; et surtout qu’ils étaient dans leur soi-disant semaine du combattant débutée le 16 Novembre 2021. Les leaders du cnddfdd ont directement transmis un message secret à leur milice imbonerakure, au service de renseignement, SNR et les services de l’armée et de la police qui sont en charge du travail d’enlever et d’exécuter ceux qu’ils appellent ‘’ennemis du pays’’ (probablement des opposants politiques) pour leur dire que c’est une victoire totale que les USA viennent de reconnaitre implicitement qu’il n’y a pas de violations graves des droits de l’homme au Burundi. La décision de Biden est donc une sorte d’encouragement au pouvoir d’Evariste Ndayishimiye pour continuer à tuer qui il veut et quand il veut dans l’impunité totale.
Nous nous permettons de poser quelques questions aux américains et à leur Président Joe Biden. Quand un seul américain est tué par un terroriste ou par les forces de l’ordre, tous les services du pays sont en alerte jusqu’à trouver le criminel. Est-ce que les burundais qui sont tués chaque jour par les services de l’Etat et qui sont jetés dans les rivières ligotés n’ont aucune valeur à vos yeux ? Vos services de renseignements savent que ce que les organisations des droits de l’hommes et certains médias rapportent chaque jour est une réalité. Combien de burundais voulez-vous voir mourir pour prendre au sérieux ce que les organisations de défense des droits de l’homme écrivent chaque jour ? Monsieur le président, êtes-vous prêt à assumer la responsabilité des crimes qui seront bientôt commis par la milice imbonerakure du cnddfdd appuyée par l’argent du contribuable américain que vous voulez donner au pouvoir criminel du cnddfdd ?
Les américains se sont toujours portés garants du respect des droits de l’homme dans le monde, notamment en luttant contre le terrorisme. Est-ce que les droits des burundais ne vous concernent pas ? Oui, c’est un petit pays, très pauvre, le plus pauvre du monde. Mais, la déclaration universelle nous dit que tous les hommes sont égaux devant la loi. C’est alors injuste de livrer publiquement les burundais aux criminels du cnddfdd. Le sage Salomon disait que ‘’ pratiquer la justice fait la grandeur d’une nation, l’injustice fait la honte des peuples’’ (Proverbe 14 :34)

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