Burundi : Pourquoi le rapport des NU S/1996/682 du 22 Aõut 1996 n’a pas été mis en application ?

Burundi : Pourquoi le rapport des NU S/1996/682 du 22 Aõut 1996 n’a pas été mis en application ?
Aldo Ayelo disait : ‘’Nous ne pouvons pas parler de génocide car les négociations s’arrêteraient avant de commencer’’ ; et il ajoutait : ‘’ Nous avons imposé l’embargo au Burundi pour convaincre les tutsis à accepter les négociations’’. Monseigneur Simon Ntamwana disait : ‘’ La communauté internationale doit faire quelque chose d’assez fort pour obliger les tutsis à négocier’’. Sylvestre Ntibantunganya disait au président Yoweri Museveni, dans un entretien : ‘’ Les rebelles FDD sont allés effectuer des attaques dans la province de Bururi où il y a beaucoup de tutsis, pour convaincre les tutsis et les obliger à négocier’’. Dans sa conférence de presse en Suisse, Adrien Sibomana disait : ‘’il ne faut pas critiquer le Frodebu, il faut plutôt l’aider à sortir de sa situation’’.
Ces phrases viennent de la bouche d’un politicien chevronné, Charles Mukasi, qui se rappelle très bien de ce que disaient les différentes autorités de l’époque des années qui ont suivi le génocide des tutsis en 1993. Nous l’avons capté dans l’émission ‘’Ico utari uzi’’(ce que tu ne savais pas) de la Radio en ligne Inkinzo FM (https://zeno.fm/radio-inkinzo/) de l’organisation URNHITAMWONEZA. Le Rapport des Nations Unies S/1996/682 du 22 Aout 1996 confirme que ce génocide des tutsis en 1993 a été planifié et exécuté par le pouvoir Frodebu.
Ce rapport ne pouvait en aucun cas être mis en exécution par le même pouvoir, mais ce qui parait incompréhensible pour certains est de voir le pouvoir de l’ancien président Pierre Buyoya mettre dans les tiroirs ce rapport ; certains documents auraient même été carrément déchirés et brulés. Et tout cela pour l’intérêt de ce qui a été appelé ‘’ Processus de paix’’(Umugambi w’amahoro). Quel processus de paix ? Qui a abouti à quoi ? Où est la paix au Burundi ? Chacun peut donner sa réponse
Mais sachez que, selon toujours Charles Mukasi, qui était du même parti politique que feu président Pierre Buyoya, ce dernier avait refusé de prendre le lead de l’opposition après son échec aux présidentielles de 1993. Il a dit dans une réunion du comité exécutif dans laquelle participait Charles Mukasi : ‘’ Je ne suis pas de ceux à qui on demande de combattre le Frodebu’’. C’est ainsi que beaucoup de personnes, membres de l’UPRONA, ont été emprisonnés pour avoir appelé, à juste titre, le Frodebu un parti génocidaire. Les médias publics ont aussi eu l’ordre de ne plus l’appeler ainsi
Pourtant, Deogratias Niyonzima montrera noir sur blanc dans cette émission comment le Frodebu a commis le génocide des tutsis en 1993. Toute l’administration du gouvernement Frodebu, de la base au sommet, était mobilisée et mobilisait la population hutue pour exterminer tous les tutsis pour que, disaient-ils, les hutus qui naitront plus tard puissent demander à quoi ressemblait un tutsi du Burundi. Les génocidaires, n’ayant pas réussi à 100% leur projet, se sont transformés en une force combattante, FDD, soit disant pour défendre la démocratie. Leur objectif était simplement de parachever le génocide commencé en 1993 et ce projet est encore en vogue jusqu’aujourd’hui.
L’ancien président Buyoya et son entourage n’ont pas seulement enterré ce rapport des Nations Unies, ils ont aussi refusé de signer l’accord de Lusaka qui demandait la destruction de toutes les forces négatives de la région et les organisations de même idéologie ; tout ceci pour mettre dans les oubliettes le génocide des tutsis et légitimer le Frodebu dont ses membres devraient plutôt être condamnés pour ce crime. Ces derniers ont été plutôt mis sur la scène politique et ont même négocié, auprès des représentants du pouvoir Buyoya, la rentrée triomphale dans les institutions des groupes rebelles qui n’ont conquis aucun mètre carré du territoire si ce n’est que tuer des innocents dans leur sommeil, dans les écoles, les sites des déplacés ou sur les routes. Et ça s’appelle ‘’ processus de paix’’. Il a été conclu par un accord raciste (inégalité des droits des burundais), un accord d’impunité (les uns étaient accusés d’avoir tué le président Ndadaye et les autres avaient commis le génocide=autoamnistie). C’est ce qui a été appelé ‘’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, nous dira Charles Mukasi
Les deux politiciens captés dans l’émission ‘’Ico Utari Uzi’’ (ce que tu ne savais pas), ne mâchent pas les mots en concluant que le meilleur processus de paix, le plus rentable et le plus performant, c’est la justice. Pour eux, le Tribunal Pénal International devrait faire ses enquêtes et condamner tous ceux qui avaient commis des crimes divers et détruire toutes les organisations racistes et génocidaires afin que seuls ceux qui avaient les mains propres puissent diriger le pays et l’amener à une véritable démocratie consensuelle (pas la démocratie de la machette).

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