Burundi : Attaque du Rwanda à partir du Burundi : le Président Evariste Ndayishimiye ne cessera jamais de leur donner des appuis multiformes

Samedi le 27 juin 2020

Burundi : Attaque du Rwanda à partir du Burundi : le Président Evariste Ndayishimiye ne cessera jamais de leur donner des appuis multiformes
Moins de 24heures après l’enterrement de feu président Nkurunziza, la nuit du 26 au 27 juin 2020, un groupe d’hommes armés en provenance du Burundi a lancé une attaque sur les positions militaires rwandaises situées dans la localité de Nyaruguru dans Ruheru au Sud du Rwanda. Selon le Lieutenant-Colonel Innocent Munyengango, porte-parole de l’armée rwandaise, 3militaires rwandais ont été blessés, 4 rebelles tués, 3 capturés et beaucoup d’objets saisis dont des armes et munitions, de la logistique diversifiée dont des boîtes de conserve marquées Forces de Défense Nationale du Burundi fabriquées en Chine. Le porte-parole affirme que ces groupes avaient comme objectif d’attaquer la population d’un village de Yanze situé à 1km de la frontière du Burundi. Il ajoute qu’après l’attaque, ces rebelles se sont repliés vers le Burundi d’où ils étaient venus, exactement sur les positions militaires burundaises de Gihizi en commune Bukinanyana de la province Cibitoke
Au-delà des faits, d’aucuns se posent la question de savoir si le nouveau président du Burundi est prêt à œuvrer dans le sens de l’amélioration des relations entre les deux pays frères, le Rwanda et le Burundi. Cette attaque est un test pour lui.
Même si on dit qu’en politique tout est possible, qu’il n’y a pas d’amis mais des intérêts, il est permis d’être pessimiste à ce point. En effet, la population burundaise a besoin de bonnes relations avec leurs frères et sœurs du Rwanda. Mais, le problème majeur se trouve dans les relations que les leaders burundais, au sein du cnddfdd, ont tissées depuis longtemps avec les hutus rwandais génocidaires de 1994.
Le projet de tuer les tutsis de la région date de longtemps et les extrémistes hutus du Burundi et du Rwanda se sont toujours accordés sur ce projet. On y reviendra en détail.
Mais, sachez déjà qu’après le génocide des tutsis burundais par les hutus du Frodebu en 1993 après la mort de feu président Melchior Ndadaye, les criminels se sont réfugiés au Rwanda de Havyarimana Juvenal qui préparait lui aussi un génocide des tutsis. Le projet était le même. Soulignons que c’est à partir de la Radio Mille colline du Rwanda que Docteur Jean Minani a appelé les hutus du Burundi à se lever comme un seul homme pour défendre leur démocratie. Il savait ce qu’il leur recommandait, car le projet avait été enseigné pendant la campagne électorale. Ces criminels hutus burundais ont continué à s’entrainer militairement parmi les interahamwe au Rwanda et ont participé dans le génocide des tutsis du Rwanda en 1994 aux côtés des interahamwe et de l’armée rwandaise. Beaucoup de témoignages signalent que les hutus burundais qui vivaient à Nyamata dans Bugesera, ceux qui étaient dans le camp de Gikongoro, ceux qui vivaient dans Cangugu et spécialement ceux du camp de Nyarushishi ont participé massivement dans le génocide des tutsis rwandais de 1994.
Il convient de signaler ici que selon les informations à notre disposition, l’actuel président du Burundi Evariste Ndayishimiye a eu un entrainement militaire dans ce camp de Nyarushishi avec beaucoup d’autres jeunes hutus burundais. C’est le major français Francois Marc qui les entrainait. A la question d’un prêtre de savoir d’où viennent ces jeunes, le major a répondu que c’est le préfet qui les rassemblait. Ce qui montre l’implication de toute l’administration du gouvernement Havyarimana dans le génocide.
Après le génocide de 1994 au Rwanda, ces hutus burundais ont fui vers le Congo comme les interahamwe et l’armée rwandaise, certains sont allés rejoindre les premiers éléments qui avaient commencé le maquis au Burundi en 1994. Evariste Ndayishimiye aurait rejoint l’université du Burundi et a rejoint lui aussi le maquis en 1995. C’est ainsi alors qu’on retrouve au sein des forces de l’ordre au Burundi des éléments rwandais, les uns qui ont été aux côtés des hutus burundais pendant la période du maquis, d’autres qui ont été recrutés par la clique militaire au pouvoir au Burundi pour entrainer la milice imbonerakure aux techniques de tuer avec sang-froid. D’autres ont été mutés dans des unités garde rapprochée des hautes autorités.
En dehors de ces relations, les leaders du cnddfdd ont signé des conventions avec les FDRL résidant en République du Congo pour le trafic des minerais en échange des armes et munitions. En effet, les membres des FDRL faisaient extraire des minerais en RDCongo et le Burundi facilitait sa vente, moyennant des frais aux différents leaders dans la haute sphère de l’Etat. A leur tour, ces généraux commandaient des armes en Russie ou en Chine soit disant que ce matériel est destiné à l’armée burundaise. Après débarquement de ces armes à l’aéroport de Bujumbura, elles sont envoyées aux FDRL en RDC. Et depuis qu’elles ont commencé à perturber le Rwanda, ces interahamwe utilisent le Burundi comme base arrière sans aucun gène. Ils quittent la RDC, passent par le Burundi, et attaquent le Rwanda, quelque fois avec une logistique tirée dans les stocks de l’armée burundaise.
Voilà pourquoi il ne faut pas s’attendre à ce qu’Evariste Ndayishimiye facilite la reprise de la coopération avec le Rwanda qu’il n’a cessé de qualifier de pays ennemi quand il était secrétaire général du cnddfdd. Les relations risquent au contraire de se détériorer d’avantage. Pour lui, le génocide des tutsis de 1994 n’a pas suffi, il veut encore faciliter l’accès à ces criminels de retourner au Rwanda replonger le pays dans le feu et le sang. Il cherchera à tout prix à provoquer le Rwanda pour qu’il use de son droit de poursuite afin qu’il en profite pour parachever le génocide des tutsi du Burundi commencé en 1993 et qui a continué à petit feu pendant tout le mandat du cnddfdd.
URN HITAMWONEZA ( Union for the Rebirth of the Nation) avertit encore une fois la sous-région, l’union africaine et les Nations Unies que si des mesures préventives ne sont pas prises à temps, un autre génocide risque de se produire dans les jours à venir dans la sous-région des grands lacs. Une étroite collaboration entre le nouveau pouvoir militaire au Burundi et les groupes armés génocidaires rwandais qui sont en RDC serait un élément à suivre de près.