Burundi : Derniers hommages au président Nkurunziza ; les burundais ne l’oublieront jamais

Le 26 juin 2020

Burundi : Derniers hommages au président Nkurunziza ; les burundais ne l’oublieront jamais
C’est le 26 juin 2020 à Gitega qu’ont eu lieu les derniers hommages au feu président Pierre Nkurunziza. Sa mort a été une grande surprise aussi bien pour sa famille biologique, sa famille politique que pour les burundais et les amis du Burundi (sa femme était à Nairobi pour se faire soigner). Certains ont de la peine à croire à sa mort.
Une partie de ceux-là ne comprennent pas comment un président de la République meurt subitement sans avoir essayé par tous les moyens possibles et imaginables de le faire soigner car ce ne sont pas les moyens qui manquent. Par amour, ses proches se retiennent difficilement pour avoir perdu un être très cher pour eux, parce qu’il était important pour leur vie.
Une partie des burundais, même de sa famille politique, considèrent sa mort comme une mort comme les autres. On aurait même vu sur les réseaux sociaux une vidéo montrant deux officiers de police qui étaient dans la tribune à Gitega éclatant de rire et tournant même les têtes pour suivre des yeux des jeunes filles habillées en robes toutes blanches qui passaient à côté d’eux. Les gens se demandaient si ces officiers étaient en deuil ou dans une fête !!!
Cette mort de Nkurunziza trouve une autre catégorie de la population en deuil permanent. Les leurs ont été portés disparus depuis 2015, arrêtés par les services de l’Etat, sans avoir même vu leurs corps pour les enterrer et faire le deuil et levée de deuil. Ces gens ont été tués par les services de l’Etat, jetés dans des latrines ou dans des rivières (ils attachent une grosse pierre sur leurs corps pour que les cadavres restent au fonds de l’eau), d’autres sont transportés loin de chez eux et sont tués ; l’administration se charge de les faire enterrer à la hâte sans aucune identification. La famille n’a même pas le droit de demande à la police ou justice d’engager des recherches de peur d’être taxé de complice. Ces organes de l’Etat sous le contrôle de feu président Nkurunziza diront que ces gens sont partis se faire enrôler dans des groupes armés qui attaquent le pays. Ici, nous devons souligner que la brigade de protection des institutions, BSPI (militaire), et l’API (Appui aux institutions : police), institutions garde- présidentielles, sont parmi les criminels de renom au Burundi. Elles ont été particulièrement actives lors des marches manifestation contre le troisième mandat de feu président Nkurunziza en 2015, et ont commis l’irréparable les 11 et 12 décembre 2015 après l’attaque des camps militaires à Bujumbura. Ces militaires et policiers ont investi les maisons des tutsis de Nyakabiga, Musaga, Jabe, Mutakura et ont tué le maximum qu’ils pouvaient. Plus de 120 innocents ont été tués en moins de 12heures. Les cadavres ont été ramassés par les services de l’Etat (administration et forces de l’ordre) pour les jeter dans des fosses communes creusées par la milice imbonerakure. Imaginez les douleurs que ressentent les familles qui ont vu les leurs tirés de leurs maisons et qui n’ont même pas vu de cadavres.
Ceux qui ont la chance de survivre, certains sont des infirmes sans assistance pour avoir été torturé, avec des injections des acides dans leur corps pour qu’ils meurent lentement mais surement, d’autres croupissent dans des prisons sans aucune justice équitable, d’autres encore meurent de faim et de maladies dans les camps des refugiés à l’extérieur du pays. Ici on ne passerait pas sous silence des milliers de filles et des femmes qui ont été violées par la milice imbonerakure. Et ils ne cessaient pas de se venter en le chantant en plein jour sans aucune sanction ; ce qui veut dire que c’était des actes planifiés par le pouvoir dont feu feu Nkurunziza était le premier responsable.
Pour ceux-là, une mort subite de Nkurunziza ne veut rien dire. Ils attendaient de voir un jour Nkurunziza et ses criminels comparaitre devant des juridictions indépendantes et répondre de leurs actes. Ils exigent que même mort, la justice fasse son travail.
Une dernière partie de gens, burundais comme étrangers qui s’intéressaient sur le Burundi, se souviendront de lui par les blagues qu’il lançait, à tort et à travers, lors de ses prises de parole. Il aimait dire qu’il a échappé beaucoup de fois à la mort. D’abord par empoisonnement chez lui à la colline. Il disait qu’au sein de sa famille élargie, beaucoup étaient des sorciers sans oublier les voisins. Il est grandi dans un milieu hostile. Il a échappé sans nul doute à la mort plusieurs fois dans le maquis. Il a aussi échappé à la mort quand il était président car au monde entier les présidents sont des cibles privilégiés, encore plus celui qui a les mains pleines de sang comme Nkurunziza . C’est la raison peut être qui lui a poussé à s’entourer des interahamwe ; membres des FDRL, génocidaires rwandais recrutés dans les forêts de la République Démocratique du Congo. Pourtant, il est mort, non pas de la mort à laquelle il s’attendait, mais d’une mort surprise.
Dans ses récentes prises de parole, il disait qu’un roi ne pouvait pas monter au trône quand son prédécesseur était encore en vie. Voilà qu’il est mort avant l’investiture d’Evariste Ndayishimiye. Simple coïncidence ou acte planifié ? Par qui ? Peut-être le nouveau roi. L’histoire nous le dira.
A la fin de la campagne électorale, il a dit que celui qui osera tricher les élections de mai 2020 subira un châtiment exemplaire de Dieu. Est-ce ce châtiment qui a commencé par lui et que d’autres pourraient suivre ? Wait and see car les élections ont été truquées, il n’y a aucun doute.
URN HITAMWONEZA partage la souffrance avec la famille biologique de feu président Nkurunziza car ils ont perdu un être cher qu’elle aimait, mais l’encourage à révéler au peuple burundais et à la communauté internationale les vraies causes de cette mort subite afin de lever le doute qui plane toujours sur l’opinion.
Nous nous associons surtout aux familles des victimes de ce génocide qui plane toujours sur les tutsis et ferrons tout ce qui est à notre hauteur pour exiger que les planificateurs et exécutants et tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin soient arrêtés et jugés afin de répondre de leurs actes. Tôt ou tard, on y arrivera.