Burundi : Gitega est privilégiée par la clique militaire du cnddfdd pour y avoir réussi le génocide des tutsis par rapport aux autres provinces

Burundi : Gitega est privilégiée par la clique militaire du cnddfdd pour y avoir réussi le génocide des tutsis par rapport aux autres provinces
On ne cessera jamais de le dire, le projet de génocide des tutsis par des extrémistes hutus est toujours encours, la clique militaire du cndd fdd au pouvoir s’apprête à le parachever. Feu président Nkurunziza l’a dit en termes voilés qu’en 3 ans seulement de règne de son prédécesseur, il aura terminé ce projet. Evariste Ndayishimiye vient de prendre le relai. C’est à Gitega, sa province natale qu’ont eu lieu les cérémonies de son investiture, le 18 juin 2020.
Pourquoi la province Gitega est-elle toujours privilégiée par rapport aux autres par le pouvoir cnddfdd ? Pour beaucoup d’observateurs avisés, la réponse est simple. Il suffit d’observer les faits. Gitega a été désignée capitale politique du pays au cours du mandat du cnddfdd. Certains observateurs disent que la clique militaire, très extrémiste, n’aime pas Bujumbura car elle est occupée par beaucoup de tutsis ; raison pour laquelle Gitega est beaucoup plus enviée. C’est la province Gitega qui a accueilli les cérémonies d’investiture du nouveau président de la République. La désignation de ce président pour représenter son parti aux élections de mai 2020 a été faite dans cette même province. La croisade de prière que le cnddfdd a organisé pour remercier Dieu pour avoir réussi à tricher les élections s’est déroulée à Gitega. C’est à partir de Gitega que feu président Nkurunziza a annoncé qu’il ne se représentera pas pour un autre mandat présidentiel, Etc…. Bref, les grands évènements du cndd fdd sont toujours organisés à Gitega.
Une raison majeur que beaucoup ne connaissent pas, mais que la clique militaire au pouvoir met en avant, c’est que la province Gitega est pour eux un symbole de réussite du génocide des tutsis. Il n’est pas nécessaire de rappeler que le projet de génocide se transmet de générations en générations. Les extrémistes hutus changent uniquement de costumes, du palipehutu au Frodebu jusqu’au cnddfdd.
Si on dit que ces génocidaires ont plus réussi en province Gitega qu’ailleurs, c’est que dans toute la province, plus de 6008 tutsis y ont été tués depuis 21 octobre 1993. Voici les chiffres des victimes du génocide des tutsis planifié et exécuté par les hutus extrémistes du Frodebu en 1993, commune par commune : Gitega : 168 tutsis tués ; Giheta : 189 ; Bugendana : 957 ; Makebuko : 322 ; Ryansoro : 209 ; Itaba : 521 ; Gishubi : 918 ; Mutaho : 367 ; Buraza : 680 ; Bukirasazi : 819 ; Nyarusange : 218
La nuit du 20 au 21 juillet 1996, les FDD( forces de défense de la démocratie) , alors dirigées par Jean Bosco Ndayikengurukiye, ont massacré en tout 648 tutsis rescapés, majoritairement femmes et enfants, qui étaient dans le site de déplacés de Bugendana. Et ils n’ont même pas hésité de revendiquer cette attaque ignoble sur les medias comme ils l’ont fait pour Buta, Butezi, Teza et ailleurs. En tout, uniquement que dans Bugendana, entre 1993 et 1996, plus de 2000 tutsis ont été tués. Ce sont ces mêmes génocidaires des fdd qui ont commis l’irréparable en tuant Monseigneur Joachin Ruhuna en septembre 1996 pour avoir dénoncé ces tueries lors d’une messe en la mémoire de ces victimes innocentes. Voilà que ceux qui ont commis ces actes ignobles, ce génocide, se la coulent douce dans l’impunité totale, ils sont maintenant à la tête de la clique militaire au pouvoir et ils sont entrain de poursuivre leur projet.
Lors de son discours après investiture, Evariste Ndayishimiye a déclaré ironiquement que les burundais sont unis, que la paix et l’unité règnent entre eux. Effectivement, il savait que tous les tutsis ont été massacrés dans sa province, jetés les uns dans les rivières, les autres dans les toilettes et dans des fosses communes jusqu’ici inconnues. La Commission vérité et réconciliation s’active aujourd’hui à les déterrer en les qualifiant de victimes de 1972, juste pour cacher les preuves de ce génocide
Evariste Ndayishimiye a aussi insisté sur le rapatriement des déplacés intérieurs sur les collines d’origine. Il faut rappeler que ces déplacés sont des rescapés du génocide des tutsi de 1993. Son projet n’est autre que les disperser pour que ces témoins gênants de ce génocide soient facile à éliminer un à un.
Les informations qui commencent à circuler disent que c’est toujours la province de Gitega qui aurait été choisie comme lieu d’enterrement de feu président Nkurunziza. Son corps reposerait, selon ces mêmes informations, près du monument du combattant. Beaucoup de gens se posent la question de savoir si dans ce pays il n’y a eu que des combattants du cnddfdd uniquement. Pourtant, nous savons qu’il y a eu beaucoup de mouvements armés ; reste à savoir si chaque mouvement serait autorisé à ériger son propre monument. Cela ne serait pas du tout accepté par la clique au pouvoir ; elle oublie qu’elle doit gérer tout un pays et se comporte toujours comme au temps du maquis.
Si cette information concernant l’enterrement à Gitega de Feu président Nkurunziza s’avérerait correcte, URN HITAMWONEZA voudrait attirer l’attention de sa famille biologique sur un risque évident de la destruction de sa tombe. Elle devrait refuser cette décision de la clique militaire au pouvoir et enterrer son corps à son domicile où il pourrait reposer en sécurité. Sinon, les rescapés du génocide des tutsis de Gitega qui voient toutes ces actions et activités organisées dans cette province comme une façon de leur montrer qu’ils ont complètement conquis la province en versant beaucoup de sang de tutsis ne resteront pas les bras croisés. Tôt ou tard, les choses pourraient changer et la revanche se ferait en premier lieu sur ce symbole du pouvoir.
A ceux qui pensent qu’ils utiliseront tous les stratagèmes pour arriver à des compromis ayant pour objectifs de cacher les crimes qu’ils ont commis, URN HITAMWONEZA n’acceptera jamais des négociations, tant internes qu’externes, avec les génocidaires. Ils devraient être arrêtés, jugés et punis. Ils sont connus. Le rapport d’une commission onusienne S/1996/682 sur le génocide de 1993 en dit long.
Avant toute négociation, le pouvoir devrait d’abord désarmer et démanteler la milice imbonerakure et rapatrier au Rwanda les interahamwe ( membres des FDRL qui ont commis le génocide des tutsis au Rwanda en 1994 ) enrôlés au sein des corps de défense été de sécurité. Et on sait que la clique militaire au pouvoir ne le fera pas de son propre gré. En plus, les accords d’Arusha ont été mis à côté par la clique militaire au pouvoir, On n’en parle plus. La démocratie au Burundi ne reste que simple slogan politique. En pratique, seul le cnddfdd ne reste que seul maitre de la politique, il a divisé et détruit tous les autres partis politiques et spécialement ceux qui devraient défendre les intérêts des tutsis. Il s’apprête alors à parachever le génocide des tutsis, sans aucune entrave.
Nous interpellons plutôt la communauté internationale à suivre de près l’évolution de la situation au Burundi car il y a grand risque de voir le pire se produire dans les prochains jours.
Nous vous parlerons dans notre prochaine édition de la façon dont la clique militaire au pouvoir a planifié et exécuté le génocide de 2005 à nos jours.