Burundi : Il serait trop naïf de croire en ce que dit Président Evariste Ndayishimiye

Burundi : Il serait trop naïf de croire en ce que dit Président Evariste Ndayishimiye
Il a été investi hier 18 juin 2020 comme nouveau président de la République du Burundi. On parle du General Evariste Ndayishimiye. Certains l’appellent General Neva. Les amis de lutte l’avaient appelé dans le maquis, Kirogorogo car il parlait beaucoup et du n’importe quoi, disent-ils. Difficile alors d’imaginer que ce qu’il dit avec éloquence au public serait proche de la vérité ou réalisable. Sacha Guitry disait que ‘’L’un des mensonges les plus fructueux, les plus intéressants qui soient, et l’un des plus faciles en outre, est celui qui consiste à faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit’’. C’est donc le propre des burundais. Ils semblent vous croire et se disent à l’intérieur d’eux-mêmes ‘’ Wait and see’’
On l’a entendu hier. Il a parlé pendant plus d’une heure de temps. Il a dit du tout et du rien. Du bilan des 15 années de pouvoir du cnddfdd, de la situation actuelle du pays jusqu’aux promesses pour les 7ans de son premier mandat qui commence. Nous disons premier car, si Dieu lui prête vie, il aura même un deuxième ou un troisième. Il suffira de faire comme il l’a fait pour qu’il soit appelé aujourd’hui président alors que le peuple lui avait dit non dans les isoloirs.
On ne peut pas faire un commentaire sur tout son discours. On n’aurait pas de temps pour cela. Mais, quelques analyses sur certains points sont nécessaires pour attirer l’attention du public.
Quand il dit que les droits de l’homme sont respectés au Burundi, il a tendance à refuser les leçons des organisations internationales ou des pays qui sont soucieux des violations massives des droits de l’homme au Burundi. Pour lui, ces pays font plus que ce qui se passe dans son pays. C’est une manière de dire : je fais ce que je vais chez moi, vous n’avez aucun droit de regard. Et il appelle cela la vraie indépendance du pays. Comment peut-il se considèrer comme un homme de Dieu et oser prononcer un tel discours quand il sait qu’il y a des milliers de burundais qui ont perdu les leurs de façon inhumaine, tués par les services de l’Etat ? Le plus récent qui a fait le tour des réseaux sociaux est le nommé Kirahwata. Si Ndayishimiye Evariste n’était pas au courant ; qu’a t il fait en aval pour exiger condamnation des bourreaux ? Sous d’autres cieux, chez ces pays développés qu’Evariste Ndayishimiye appelle des colons, tout le monde se serait mis en route pour des manifestations ininterrompues jusqu’à ce que les coupables soient jugés et punis. Une manière comme tant d’autre de manifester le mécontentement et de marquer la solidarité pour tout humain victime des exactions des organes de l’Etat rémunérés par les frais des contribuables pour leur assurer la sécurité.
Revenant sur son discours sur ce point précis de manifestations, le nouveau président parle de la démocratie, du droit de chacun d’avoir un regard sur les affaires de l’Etat , mais ne veut pas entendre parler de manifestations au Burundi. Il qualifie ces actions ‘’d’impolies’’ car pour lui, il s’agit de ‘’se donner la parole’’. Il veut donner aux burundais une liberté limitée, contrôlée par la clique militaire au pouvoir. Quel genre de démocratie ?
Concernant le dialogue entre burundais et le retour des réfugiés dans le pays , le nouveau président le dit de façon ironique : ‘’qu’ils viennent même maintenant’’ . Il est au courant de la façon dont les gens ont fui le pays. Beaucoup d’entre eux ont échappé à la mort, les leurs étant déjà tués ou emprisonnés par les services de l’Etat ou la milice imbonerakure. Aujourd’hui il appelle tout le monde à rentrer comme si les tueurs ont déposé les armes ou ont tout simplement changé ou ne sont plus sur place. Il n’ose pas aborder ces questions relatives aux conditions de retours des réfugiés, il n’envisage même pas de pourparlers avec eux pour en discuter. Pour lui, tout dialogue doit se faire uniquement à l’intérieur du Burundi. C’est tout simplement une façon de dire à ceux qui sont encore à l’extérieur du pays : ’’ on n’a pas besoin de vous’’’. Le président Ndayishimiye Evariste devrait savoir que ‘’ l’hypocrisie et le mensonge sont les armes du traître’’, comme le dit bien Antoine Gombaud
Soulignons que dans son discours, il n’a pas oublié de lancer un appel à tous les burundais de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour se protéger contre la COVID 19. On a finalement dit vrai, le souci de la clique militaire était les élections. Maintenant qu’elles sont finies, et qu’il arrive au fauteuil présidentiel, il est temps de penser au coronavirus. Qui sera responsable des morts sans assistance et sans tests ni médicaments alors que les services de l’Etat devraient s’en occuper ? Qui sera responsable des futurs morts car beaucoup de burundais sont aujourd’hui contaminés ?
C’est sans doute le nouveau président qui devra répondre car il sait pourquoi ils ont caché les informations sur la covid19 au moment où le monde entier criait secours.
Tous ces actes nous montrent très bien à quel homme on a affaire. Evariste Ndayishimiye devient ‘’savant’’ si on en croit à Abd El-Kader : ‘’Le savant est l’homme par lequel s’opère facilement la distinction entre la franchise et le mensonge dans les paroles, entre la vérité et l’erreur dans les convictions entre la beauté et la laideur dans les actes’’. Tout le monde sait qu’il ment dans ces paroles, mais personne n’ose le dire. Et lui croit que tout le monde est convaincu.
URN HITAMWONEZA demande encore une fois aux burundais de se désolidariser avec les dirigeants menteurs. On ne peut rien construire de durable sur un mensonge. Nous devons apprendre à dire la vérité même si quelquefois elle blesse. C’est la seule manière d’affronter les vrais problèmes, leur trouver des solutions adéquates et se développer.