Burundi : Le General Neva est resté lui-même : les réfugiés travaillent pour les colons, pas de place pour eux au Burundi

Burundi : Le General Neva est resté lui-même : les réfugiés travaillent pour les colons, pas de place pour eux au Burundi
Aujourd’hui 18juin 2020 est un jour de fête au Burundi. Il s’agit de l’investiture du nouveau président de la République du Burundi en la personne d’Evariste Ndayishimiye alias Neva. Au stade Ngoma de Gitega, les danses, les tambours, les chants, même 21 coups de canon ont été tirés pour agrémenter la fête. De l’autre côté de la famille biologique de Pierre Nkurunziza, c’est le deuil qui continue. Mme Denise Nkurunziza n’a même pas été invitée. Le fameux Guide suprême est entrain de moisir dans la morgue. Du jamais vu au Burundi ou dans le monde.
Dans la coutume burundaise, toute fête était strictement interdite quand il y a un mort non encore enterré dans une famille. On devrait d’ailleurs attendre la levée de deuil définitive, surtout quand il s’agissait d’un père de famille. Aujourd’hui, sur le règne des généraux du cnddfdd, tout est autorisé, il n’y a plus d’interdit au Burundi. Rien d’étonnant. Les gens qui osent violer au grand jour la loi mère juste pour garder le pouvoir et s’enrichir au moment où les burundais meurent de faim, comment ne pouvaient-ils pas violer la culture burundaise ? Une autre question s’impose : Est-ce que réellement ils aimaient Pierre Nkurunziza de son vivant ? Est-ce que ceux qui disent qu’il aurait été empoisonné juste pour ne pas gêner la future gouvernance d’Evariste Ndayishimiye n’auraient pas raison puisqu’aucune autopsie n’a été faite pour savoir la cause exacte de sa mort ? Personne n’ignore qu’il est mort de Covid 19 même si le gouvernement a parlé d’arrêt cardiaque. Les faits et gestes que nous observons aujourd’hui, quand des amis de lutte se mettent à festoyer sans avoir enterré son corps prouvent à suffisance qu’il n’était pas du tout aimé. Les morts doivent du respect. On verra les soi-disant amis de lutte verser des larmes de crocodile le jour de son enterrement. Neva ne manquera pas de prononcer des discours alléchants pour son honneur. Tout le monde saura que ça ne vient pas de l’amour et de l’estime qu’il a envers lui, mais juste un discours flatteur et politique.
Et ça n’étonnera personne car cet homme est connu comme quelqu’un qui parle beaucoup, du tout et du rien, mais sans nécessairement en être convaincu. C’est pour cette raison que ses compagnons de lutte lui a donné le nom de Kirogorogo( qui parle beaucoup et du n’importe quoi). Il fait sortir ce qui se trouve sur les bouts de ses lèvres et non de son fort intérieur.
Et avec raison : dans son discours après investiture, il aurait encore une fois pointé du doigt ‘’les colons’’ comme les origines des divisions au Burundi. Chaque fois qu’il ouvre la bouche pour parler, il n’oublie jamais de les condamner. Une façon d’aveugler le bas peuple pour qu’il ne se souvienne pas que le nœud du problème c’est cette clique militaire dont fait partie Ndayishimiye qui veut se montrer libérateur du peuple hutus pour rester au pouvoir (démocratie, un homme une voix) et continuer à s’enrichir au moment où le pays reste au bas de l’échelle mondiale en matière de développement. Que ceux qui lui donnaient le bénéfice du doute se rendent compte que l’homme est resté lui-même .Il a dit qu’il poursuivra l’œuvre de Nkurunziza, il ne va rien changer dans le vécu quotidien des burundais. Ceux qui pensaient qu’au cours de son règne le pays pouvait s’ouvrir au monde extérieur se rendent vite compte qu’avec ce discours, le Burundi restera dans l’isolement diplomatique car l’homme ne vas pas changer demain. Par ailleurs, ce n’est pas lui qui dirige, il consulte la clique militaire pour prendre n’importe quelle décision. Et beaucoup d’entre eux, s’ils ne sont pas tous, ont du sang des burundais sur leurs mains ; la cour pénale internationale pourra les rechercher demain, donc ils n’ont pas d’intérêt direct qu’il y ait ouverture du pays sur le monde extérieur.
Evariste Ndayishimiye ne serait pas non plus prêt à dialoguer avec les opposants qui sont encore à l’extérieur du pays, qui ont fui les assassinats organisés par ses services de renseignements et la milice imbonerakure qu’il a formée et armée. Il ne serait pas non plus disposé à la désarmer et la démanteler. Difficile alors de dire aux burundais exilés de rentrer au pays quand ceux qui sont à la base de leur fuite sont toujours en place et font ce qu’ils veulent dans l’impunité totale. Qui veut noyer son chien l’accuse de rage dit-on. Il accuse ces réfugiés de collaborer ou de travailler pour les colons ; une façon de dire : on n’a pas besoin de vous. Ndayishimiye Evariste ne serait pas alors de diffèrent de Juvenal Havyarimana , le génocidaire ex-président rwandais , qui disait, pour refuser aux réfugiés de renter dans leur pays, que’’’ le Rwanda est comme une bouteille pleine’’’ . Feu président Nkurunziza avait lui-même dit que les réfugiés ‘’bazohera nk’ifu y’imijira’’ (finiront comme une farine emportée par le vent). Pas étonnant que Ndayishimiye emboite le pas à son prédécesseur parce que leur projet génocidaire reste le même.
Et pourtant, Mgr Simon Ntamwana avait prié pour lui lors de son investiture pour qu’il donne la paix au peuple qui en a tellement besoin et qu’il rapatrie les réfugiés (des cerveaux) pour venir développer le pays. Il lui a aussi demandé de rétablir les bonnes relations avec l’extérieur pour l’intérêt des burundais.
Il semble avoir semé dans le désert car sa prière n’aura pas d’effet tant que le concerné planifie autre chose. Mais, le Dieu d’amour pour tous pourra sans doute trouver d’autres voies pour sauver son peuple et rapatrier les réfugiés.
URN HITAMWONEZA ne cessera de dire au peuple burundais que se maintenir au pouvoir par la clique militaire n’est pas pour l’intérêt du pays et des burundais, mais pour remplir leurs poches et ainsi avoir les moyens de parachever le génocide déjà commencé. N’attendez rien de positif du nouveau président, il incarne les idéaux de la clique militaire qui le commande. Il faut plutôt mettre ensemble nos énergies pour faire échouer leur projet génocidaire et ainsi réconcilier les burundais afin qu’ils puissent s’atteler aux travaux de développement.