Burundi: Les colonisateurs ont une part de responsabilité dans l’origine de l’idéologie de génocide des tutsis dans la région des Grands lacs

Burundi: Les colonisateurs ont une part de responsabilité dans l’origine de l’idéologie de génocide des tutsis dans la région des Grands lacs
On ne le dira pas assez, l’histoire nous montre que les colonisateurs ont joué un grand rôle dans la mise en place de l’idéologie de génocide dans la région des grands lacs. Nous voulons nous intéresser surtout sur notre pays, le Burundi. Partons de la période coloniale avec les belges au Rwanda- Urundi et les britanniques en Tanzanie. Ici nous voulons montrer comment le Burundi a été réduit en miette, en un petit pays, alors qu’il était grand. Un territoire équivalent à un tiers de la superficie actuelle du Burundi a été collé à la Tanzanie alors que ce territoire appartient bel et bien au Burundi. Il s’agit du district actuel de Ngara constitué des régions de Bugufi et Buhangaza. L’histoire nous dit que les britanniques qui voulaient un chemin de fer partant de l’Afrique du Sud, passant par la Tanzanie et le Burundi, ont signé des conventions avec les Belges qui ont accepté de leur céder le Bugufi et Buhangaza en échange des ports de Kigoma et de Dar Es Salaam pour y faire débarquer les produits en provenance d’Europe puis les acheminer facilement au Burundi via le lac Tanganyika .La Concession concernait aussi la région de Gisaka du Rwanda. Ils ont signé des documents, et ils existent encore.
Le projet n’a pas été réalisé, mais les deux régions n’ont pas été remises au Burundi, elles sont restées pour la Tanzanie. C’est l’actuel district de Ngara. Gisaka a été remis au Rwanda car leur roi qui était majeur l’a réclamée. Notre jeune Mwambutsa ne l’a pas fait. Ceux qui ont suivi se sont toujours retrouvés coincer entre la volonté de maintenir le pouvoir (récupéré parfois par la force militaire avec la complicité ou l’appui de ces colonisateurs) et celle de réclamer ce territoire au risque de s’attirer les foudres de ces mêmes colonisateurs, qui, même partis, ont gardé une influence non négligeable sur la gestion du pouvoir.
Une partie du port de Dar es salaam aurait été exploitée par le Burundi en y faisant passer ses marchandises, mais la gestion des revenus en provenance de ce port est toujours restée opaque. En réalité, il ne s’agit pas des avantages que la Tanzanie donnerait au Burundi pour l’exploitation de ce port, mais, puisqu’il y a eu concession, les deux ports devraient revenir carrément au Burundi puisque les deux régions font partie entière du territoire tanzanien jusqu’à ce jour.
L’objectif du colon était d’émietter les Etats qui ont plus de tutsis car ils les considéraient comme des êtres intelligents, difficiles à gérer. Il fallait leur attribuer de petits Etats pour les étouffer et après les exterminer.
Personne n’ignore la part de la France dans l’avènement ou l’imposition de la démocratie dans nos Etats africains. Les européens nous ont imposé cette démocratie un homme une voix ou les plus nombreux sont les gagnants. Ils ont fait comprendre aux hutus que les minorités ne peuvent pas du tout les dominer. Ils voulaient voir au pouvoir des gens qui ne pourraient pas leur tenir tête pour faire tout ce qu’ils veulent dans nos Etats. Ils recherchaient les richesses naturelles qui sont en abondance dans les sous-sols africains. Les pouvoirs issus de cette démocratie ont toujours eu des difficultés car se sont toujours heurté à des oppositions farouches, parfois financées par ces colons pour rendre ces pays ingouvernables, les affaiblir et trouver une porte facile d’y entrer.
Il existe aussi des colons africains. Ce sont ces leaders, une fois arrivés au pouvoir, ne font que remplir leurs poches au moment où leurs dirigés continuent à croupir dans la misère totale. Ils continuent d’endosser les malheurs du peuple sur le dos des colons européens alors qu’ils en sont les premiers responsables.
Les bonnes relations qui existent entre la clique militaire au pouvoir au Burundi et la Tanzanie entre dans cette logique. Les affaires qui marchent encore aujourd’hui, et qui alimentent l’économie burundaise sont des investissements des leaders tanzaniens. Ce n’est pas gratuit que l’ancien président tanzanien Jakaya Kikwete se présente au Burundi chaque fois qu’il a moindre évènement. Tout ce qui pouvait faire avancer le pays est aux mains de ces leaders du cnddfdd et ces autorités tanzaniennes. Leurs relations datent du temps du maquis, la Tanzanie a apporté son appui pendant la période de la rébellion, probablement qu’ils ont signé même des conventions en rapport avec les fameux ports de Dar es salaam et de Kigoma. Quand la clique militaire dit que c’est aujourd’hui que le peuple burundais a acquis la vraie indépendance (un abus de langage), que ce qui leur empêche de réclamer à la Tanzanie Bugufi et Buhangaza ? C’est sûr qu’ils ont des intérêts en partage, au moment où le peuple souffre d’une misère sans nom dans un pays le plus pauvre du monde.
URN HITAMWONEZA attire l’attention du peuple burundais et des autres africains que les européens ont toujours des intérêts en Afrique ; qu’au lieu de s’éterniser dans des conflits politiques sans nom, il faut plutôt se concentrer sur des quêtions de bonne gouvernance et de développement car les richesses de notre sous-sol pourront nous suffire pour vivre mieux. Les burundais doivent se mettre en tête que ce territoire du Bugufi et Buhangaza devra revenir au Burundi, tôt ou tard. Et tous ces pouvoirs qui, sous peur des européens, n’ont pas pu réclamer ce qui nous revient de droit comme burundais, devront comparaitre un jour devant les juridictions compétentes. La clique militaire au pouvoir aujourd‘hui, qui , pour ses intérêts personnels et égoïstes , cherche à faire oublier le dossier en complicité avec la Tanzanie, devrait savoir qu’ils devront aussi répondre devant le peuple burundais. Planifier un génocidaire au Burundi ou dans la région pourrait plutôt leur être fatal au lieu de penser que c’est une façon de se débarrasser des éléments gênants et régner en maitre absolu toute leur vie.