Burundi : Quand le Président promet au peuple un gouvernement ‘’parent’’ (leta mvyeyi) et met à sa tête un criminel de renom

Burundi : Quand le Président promet au peuple un gouvernement ‘’parent’’ (leta mvyeyi) et met à sa tête un criminel de renom
Le président dont on parle, c’est Evariste Ndayishimiye. Il vient de remplacer feu président Nkurunziza qui serait, si rien ne change, enterré ce vendredi 26 juin 2020 à Gitega. C’est un fervent catholique dit-on dans son entourage, mais on remarque plus d’antagonisme entre ses paroles et ses actes. Pourtant, la bible nous dit que Dieu n’aime pas les lèvres menteuses. Peut-être que le General Neva se confesse le plus souvent possible.
Lors de son investiture, il a livré au public un discours alléchant, plein de promesses intéressantes à tel point que certains naïfs croyaient que les choses allaient changer dans le bon sens. Il a promis le respect des droits de l’homme, la liberté d’expression pour tous, et spécialement, la mise en place d’un gouvernement ‘’ parent’’ ( leta mvyeyi). Un gouvernement qui considère et traite tous les burundais au même pied d’égalité, comme les parents entretiennent leurs enfants de la même façon. Premier mensonge car personne n’ignore que Ndayishimiye Evariste est le fruit système cnddfdd et qu’il est d’habitude que, qui n’est pas membre de ce parti n’a pas droit à la parole, quelque fois n’a même pas droit à la vie ( la police et la milice imbonerakure l’exécutent comme ils veulent sans poursuite).
A-t-il changé le même jour de l’investiture ? Supposons qu’il pouvait faire semblant, a-t-il changé le reste de la clique militaire qui prend toutes les décisions ou l’attitude de la milice imbonerakure ?
Il a été trop difficile à Ndayishimiye Evariste de cacher sa face. A peine une semaine après son investiture, le président vient de nommer Alain Guillaume Bunyoni au poste de premier ministre, chef du futur gouvernement burundais. Nous ne perdrons pas de temps pour parler de Prosper Bazombanza, nommé à la vice-présidence de la République. Un poste sans importance et un homme sans importance. Cet homme est un figuratif mis dans cette place juste pour tromper l’opinion que c’est un tutsi parmi les grands responsables du pays, une histoire de simuler l’unité nationale dont il parle que sur les bouts des lèvres.
Parlons de ce Marechal à la tête du gouvernement. Et pas n’importe lequel. C’est un homme très influent au sein de la clique militaire au pouvoir, à tel point qu’il était considéré comme le numéro 2 du régime après feu président Nkurunziza. Il a commencé à emmagasiner trop de richesse en très peu de temps quand il était à la tête de la police nationale, puis il a été ministre de la sécurité publique pendant beaucoup d’années (la police était toujours sous sa responsabilité) , il a aussi été très proche du président Nkurunziza en tant que chef de cabinet civil. Jusqu’à preuve du contraire, Il est accusé de beaucoup de crimes économiques et crimes contre l’humanité. Il serait recherché par la cour pénale internationale, il est sous sanctions de l’Union européenne et des Etats unis d’Amérique pour les nombreuses violations des droits de l’homme dont il serait responsable. Il aura à répondre de tous ces crimes commis par la police car il a toujours été responsable de ce secteur de près ou de loin. Si ce n’est pas lui qui commanditait ces crimes, il en était au courant, et il n’a pas empêché à ses hommes de les commettre ou il n’a rien fait pour les punir afin de les décourager. En peu de mots, il est le premier responsable. Lui et son ancien chef, même mort, devraient en répondre devant les juridictions internationales, tôt ou tard.
Voilà donc un véritable criminel à la tête d’un gouvernement. L’ouverture sur la scène régionale et internationale dont le président de la République faisait allusion lors de son investiture sera faite par cet homme sous sanctions internationales ? Quelle sera la couleur du prochain gouvernement ? On ne peut pas le qualifier sans l’avoir encore vu. Wait and see comme disent les anglais. Un proverbe géorgien nous dit qu’il ‘’faut suivre le menteur jusqu’à la porte du mensonge’’. Mais quand la tête est malade, tout le corps souffre. Rien ne nous dit que même au sein de ce gouvernement qu’on attend, nous ne verrons pas des figures avec du sang sur les mains puisque c’est le genre de parents que Evariste Ndayishimiye a promis au peuple. Jean Giraudoux nous dit : ‘’ Quand on a découvert qu’un ami est menteur, de lui tout sonne faux alors, même ses vérités ‘’. On n’attend donc pas de miracles sur le nouveau gouvernement que le général Major et le Marechal vont sortir demain ou après-demain. On est entré de pieds fermes dans une dictature militaire, on s’attend au pire par rapport à ce que feu Nkurunziza a fait pour les burundais.
Quittons les faits pour entrer dans les analyses. Les faits sont que la clique militaire veut occuper tous les postes de grandes responsabilités afin de pouvoir contrôler tous les domaines clés de la vie du pays plus qu’avant. On dirait que Feu Nkurunziza aurait été un obstacle pour eux pour le faire. Tenez : Un président de la République, son chef de cabinet civil, sans doute son chef de cabinet militaire, le ministre de la sécurité publique, celui de la défense (plus jamais de civil), pourquoi pas celui de l’intérieur (on le soupçonne), tous des militaires. Pour quelle bonne raison ?
URN HITAMWONEZA appelle encore une fois à qui veulent l’entendre à la vigilance. Ces nominations viennent compléter d’autres signes avant-coureurs dont nous avons déjà fait mention. Cette volonté de vouloir contrôler tous les domaines de la vie du pays n’est pas de nature à développer le pays, loin de là, mais tout simplement de parachever le génocide déjà commencé depuis longtemps. Aucune institution ne pourra résister aux ordres donnés par cette clique militaire, du sommet jusqu’à l’administration de base, exactement comme cela était organisé par le pouvoir Havyarimana Juvenal au Rwanda en 1994. Nous interpellons encore une fois les pays de la sous-région, l’Union Africaine et les Nations Unies de suivre de près cette situation et d’envisager des mesures de prévention du génocide en préparation au Burundi.