Burundi : Quelles seraient les motivations d’inhumation de feu Président Nkurunziza à Gitega ?

Le 25 juin 2020

Burundi : Quelles seraient les motivations d’inhumation de feu président Nkurunziza à Gitega ?
Il nous a quitté trop tôt. On parle de feu président Nkurunziza. Les informations qui ont été livrées par les services de l’Etat disaient qu’il a eu un malaise étant à Ngozi où il assistait à la finale de Volley Ball pour une coupe lui dédiée. Lieu d’évacuation pour un président de la République, Hôpital du cinquantenaire de Karuzi. Sa femme, Denise Nkurunziza était déjà à Nairobi au Kenya, évacuée d’urgence à bord d’un avion médicalisée. Denise est sortie de l’hôpital saine et sauve, mais son mari n’a pas eu cette chance de survivre, il est mort à Karuzi. Mort de quoi ? Les gens pensent directement à Covid 19 même si la version officielle a fait allusion à une crise cardiaque. D’autres ont le droit d’avancer d’autres causes. Difficile de dire exactement ce qui a été à la base de sa mort puisqu’il n’y a pas eu d’autopsie ; ou s’elle a eu lieu, les résultats n’ont pas été portés à la connaissance des burundais. Nous supposons que sa famille biologique l’a exigée, et qu’elle connait ce qui a causé une mort aussi subite du leur.
En jetant un regard critique sur la succession des évènements, il y a lieu de se poser une question : entre la famille biologique et la famille politique, qui a le dernier mot sur le corps de feu Nkurunziza ? Le gouvernement a plus privilégié l’investiture de son successeur Evariste Ndayishimiye que son inhumation. Raison avancée : le nouveau président voulait présider ces cérémonies lui-même avec les pleins pouvoirs du président de la République. C’est très bien. Par amour ou pour des raisons purement politiques ? Tony Moudilou nous dit :’’En politique, il n’y a jamais d’amis ni d’ennemis permanents. Il n’y a que des intérêts permanents’’.
Cette question se pose sur deux angles. Le premier est en rapport avec une polémique qui commence à monter dans l’opinion qui fait allusion à l’empoisonnement de feu président Nkurunziza. La mort subite ne serait pas due à la covid 19, mais au poison qu’il aurait consommé. Qui aurait commandité cet empoisonnement ? Pour quel intérêt ? Puisque le public n’a pas eu droit aux résultats de l’autopsie, toutes les rumeurs et spéculations sont possibles. Selon une source proche du cnddfdd, c’est le nouveau président, Evariste Ndayishimiye qui serait le premier responsable pour des raisons purement politiques. Le Guide suprême du patriotisme, avec tous les avantages qu’il avait obtenus serait considéré comme un roi et par conséquent constituerait, de son vivant, un élément gênant pour le pouvoir de Neva. Il devrait donc disparaitre à temps( avant l’entrée en des fonctions ) pour laisser le champ libre à Evariste Ndayishimiye pour exercer pleinement ses pouvoirs de président de la République. Comme en politique il n’y a pas d’amis, il n’y a que des intérêts, Alain Guillaume Bunyoni, premier ministre nouvellement nommé serait aussi dans le coup. Ne vous dites pas qu’il est mort avant sa nomination. L’affaire date du temps de la rébellion. Selon les informations données par les maquisards du cnddfdd, ils se seraient convenus qu’une fois arrivés au pouvoir, 5 personnes devraient se succéder au pouvoir dans un premier temps, chacun faisant un mandat de cinq ans. Ces cinq sont : Pierre Nkurunziza (mort ayant fait 3 mandats de 15 ans) ; Hussein Radjabu ( Nkurunziza l’a écarté depuis ), Adolphe Nshimirimana (il est déjà mort), Alain Guillaume Bunyoni, alias Mutama 2 ( vient d’être nommé premier ministre) et Evariste Ndayishimiye ( nouveau Président de la République). Des cinq, il n’en reste que les deux derniers, qui vont bientôt faire le mauvais et le bon temps au Burundi. Comme ce proverbe kirundi qui dit : Inkuba zibiri ntizisangira igicu (deux tonnerres ne partagent pas un même nuage), les observateurs avisés prédisent qu’il ne restera qu’un seul. Qui ? Les grands analystes trouvent que la balance est plus penchée vers Bunyoni. Cet homme, très riche, en contact avec beaucoup de milieux de grands hommes d’affaires, aussi bien nationaux que régionaux, est plus calme et posé plus qu’Evariste Ndayishimiye, mais plus méchant que lui. Donc, planifier l’élimination de celui qui s’était fait roi du Burundi pour faciliter l’exercice de leurs fonctions de président et premier ministre est une affaire d’intérêt, et en politique, cela est permis.
Le deuxième angle est en rapport avec le lieu d’enterrement de feu président Nkurunziza. Si sa famille biologique devrait décider seule, il est indiscutable qu’elle aurait décidé de l’enterrer cher lui à Ngozi. Sa tombe serait en sécurité totale. Mais, pour des raisons purement politiques, il sera inhumé à Gitega, au milieu des os des victimes (selon la commission vérité et réconciliation) des massacres/génocide de 1972 et ou de celles de 1993 (car ils ont déterré des os sans avoir les capacités techniques de vérifier l’ancienneté des os). Toutes ces victimes ont été tuées. Nkurunziza n’a pas été tué, il est mort de maladie, sauf si la thèse de son empoisonnement s’avérait correcte. La clique militaire au pouvoir veut le mettre au milieu des hutus pour qui il a lutté pendant plus de 10 ans dans le maquis. Un prétexte politique, qui met en insécurité totale le corps de feu président. En effet, au moment où nous observons en Amérique et en Europe des actes de déboulonnement des statues des hautes personnalités impliquées à tort ou à raison dans les violations des droits des noirs lors de l’esclavagisme,( et cela suite à l’assassinat de Georges Floyd, américain noir tué par un policier blanc) , qui dit que demain ,la tombe de Nkurunziza ne sera pas détruite par des enfants ou petits-enfants de tous ces burundais qui ont été tués par le régime de Nkurunziza ? En politique, pas d’amour, mais d’intérêts.
Ce vendredi 26juin 2020, jour d’inhumation de feu Pierre Nkurunziza, la population sera massée le long de la route Karuzi -Gitega pour lui rendre un dernier hommage. Les autres attendront son cercueil au stade Ngoma de Gitega avant de l’acheminer au lieu de son dernier demeure. Il est recommandé que tout le monde s’habille blanc. L’histoire nous rappelle que, de son vivant, quand président Nkurunziza se déplaçait de Bujumbura vers Ngozi, toutes les activités le long de cette route étaient totalement paralysées, pendant au moins deux heures de temps. Ceux qui se trouvaient le long de cet itinéraire étaient maltraités par les policiers et militaires pour dégager la route. Ils devraient se mettre au moins à 10 mètres, tournant le dos à la route pour ne pas voir le cortège présidentiel. Il craignait pour sa sécurité. Et pourtant, il est mort. Ces petits paysans n’y sont pour rien. Et demain, ils vont passer tout leur temps au bord de la route à attendre le même cortège transportant la dépouille de celui qui avait peur d’eux de son vivant.
URN HITAMWONEZA recommande encore une fois une autopsie s’elle n’a pas été faite. S’elle a été faite, le peuple burundais a besoin d’être informé pour qu’il sache réellement ce qui a provoqué la mort du président Nkurunziza. Si l’hypothèse de l’empoisonnement était vérifiée, les burundais sauront qu’ils ont à la tête de leur pays des criminels qui ne cherchent que leurs intérêts. Ces chefs imposés au peuple par la clique militaire devraient eux aussi s’attendre au châtiment leur réservé.