Burundi : Qui devient président intérimaire pour prendre des mesures barrières urgentes contre covid 19 ?

Qui devient président intérimaire pour prendre des mesures barrières urgentes contre covid 19 ?
Aujourd’hui, le Burundi n’a pas de président de la République. Son président est mort subitement. Même si les autorités burundaises cachent à l’opinion la vérité, la grande probabilité est que Nkurunziza est mort de covid 19 ( voir notre analyse dans notre précédent l’article).
Qui va prendre la relève ? La question devient problématique du moment où il y a un autre président imposé au peuple après un holdup électoral. Même si la cour constitutionnelle l’a approuvé, il n’a pas encore prêté serment, il n’est pas encore président de la République.
Si réellement le président est mort de covid 19, qui sait que son successeur ne peut pas tomber demain ou après-demain car il était toujours aux côtés de Nkurunziza pendant toute la campagne électorale ?
Un président qui meurt avant la prestation de serment d’un nouvel élu, c’est un cas qui n’est pas prévu par la loi mère.
En son article 121, la constitution de la République du Burundi de 2018, (fabriquée par Nkurunziza et son système pour garder le pouvoir), prévoit en son alina 2 : ‘’ En cas de vacance pour cause de démission, de décès ou toute autre cause de cessation définitive de ses fonctions, l’intérim est assuré par le Président de l’Assemblée Nationale, ou si ce dernier est à son tour empêché d’exercer ses fonctions, par le vice-président de la République et le gouvernement agissant collégialement’’.
L’alinéa 3 ajoute : ‘’ la vacance est constatée par la cour constitutionnelle saisie par le vice-président de la République et le gouvernement agissant collégialement’’
C’est au courant de la journée de ce 11 juin 2020 que le conseil des ministres s’est réuni, présidé par le premier vice-président de la République, afin de saisir la cour constitutionnelle qui constatera la vacance et ainsi poursuivre les autres démarches pour mettre en place un intérimaire.
L’alinéa 6 stipule que ‘’ Le scrutin pour l’élection du nouveau président de la République a lieu, sauf cas de force majeur constaté par la cour constitutionnelle, dans un délai qui ne doit pas être inferieur à un mois et supérieur à 3 mois depuis la constatation de la vacance’’
Il est clair que la clique militaire ne va pas accepter un nouveau scrutin présidentiel. Même si la loi ne le dit pas, la tendance est d’anticiper la prestation de serment d’Evariste Ndayishimiye, malgré que les deux chambres ne soient pas encore en place. Le respect de la loi n’est pas dans les habitudes du système cndd fdd.
La constitution de 2005 prévoyait que l’autorité intérimaire nomme une commission nationale indépendante chargée d’organiser un nouveau scrutin présidentiel conformément à la loi en vigueur. Cet alinéa a été omis dans la constitution de 2018 par peur voir mise en place une commission que la clique ne contrôle pas, ce qui ne leur permettrait pas de tricher et rester au pouvoir.
URN HITAMWONEZA ne demande que le respect de la loi, que ce qui n’est pas prévu par la loi ne soit pas appliqué. Il demande aussi que soit désigné le plus rapidement possible un responsable qui doit prendre des mesures urgentes pour combattre la covid19 qui fait des ravages au Burundi. Il faut éviter le vide à la tête de cette institution pour qu’on sache qui va assumer la responsabilité des dégâts humains causés par covid19.