Burundi : Un Général à la tête de l’Etat, un Marechal à la tête du Gouvernement. Quelle démocratie ?

Burundi : Un Général à la tête de l’Etat, un Marechal à la tête du Gouvernement. Quelle démocratie ?
On aura tout vu au Burundi. Notre pays semble être un champ d’expérimentation où tout est permis, où aucune loi n’est respectée. C’est pourquoi même le droit fondamental, qui est le droit à la vie n’a aucun sens. Chacun peut tuer qui il veut sans aucune poursuite, pourvu qu’il soit du parti de la clique militaire au pouvoir. Selon Malesherbes, ‘’souvent l’impunité commence par rendre les lois inutiles, et finit par les rendre ridicules’’. Ni la constitution de 2005, ni celle de 2018 qu’ils ont fabriqué eux-mêmes, aucune n’est respectée.
Hier, la clique militaire prenait toutes les décisions. On le sait. Mais elle ne s’affichait pas publiquement. Aujourd’hui, nous avons un General Major à la tête de l’Etat (Evariste Ndayishimiye) , et un Marechal à la tête du gouvernement( Alain Guillaume Bunyoni) . Et on est en démocratie. Quel genre de démocratie s’agit-il ? C’est plus qu’un pouvoir dictatorial militaire. Le cnddfdd est entré au pays après tant d’années de guerre par négociations. Mais, il se comporte comme s’il a conquis le pays par les armes. Les accords d’Arusha n’ont plus de valeur pour eux, ils dirigent le pays d’une main de fer, sous la couverture d’une démocratie déguisée. Les élections sont organisées connaissant déjà le gagnant et les voix des participants à la course. Et cela depuis 2005 jusqu’aux récentes élections de mai 2020. Ces dernières n’ont été qu’une catastrophe. Un parti au pouvoir qui fait un coup d’Etat électoral au vu et au su de tout le monde. Les gens n’ont qu’à crier, la clique continue son plan sans entrave, les complices l’appuient et les burundais n’ont qu’à applaudir. Voilà la démocratie au Burundi.
Comme si cela ne suffisait pas, le General Président Evariste Ndayishimiye propose à l’assemblée nationale et au sénat un Marechal à la tête du gouvernement ( Alain Guillaume Bunyoni), et un figurant à la vice-présidence (Prosper Bazombanza) . Il savait que sa proposition allait être approuvée. Ce n’est même pas une proposition, c’est une nomination. Cette assemblée n’est composée à majorité que par les membres du cnddfdd. Les parlementaires d’Amizero y’abarundi ne se sont même pas présentés, y compris le 2eme vice-président de l’Assemblée Nationale, Agathon Rwasa, qui réclame la victoire des élections 2020.
Comment une assemblée nationale et un sénat qui terminent leur mandat peuvent-ils voter des institutions d’une nouvelle mandature ? L’article 288 de la constitution de 2018 leur donne droit de rester fonctionnels jusqu’à l’installation effective des institutions élues. Pourquoi ne pas attendre les institutions élues ? Les membres d’une nouvelle assemblée sont disponibles, ils ont été votés, il reste à voter les sénateurs. Pourquoi ne pas procéder à cette opération de faire voter le sénat pour démarrer avec toutes les institutions nouvellement élues au même moment que le président ? Quelle est cette urgence qui a fait que le président de la République soit investi avant la fin du mandat précèdent (même si l’ancien président est mort avant la fin de son mandat), et que les postes de vice-président et premier ministre soient remplis à base des institutions en fin de mandat ? C’est peut-être la même urgence qui a fait que la cour constitutionnelle propose la prise de fonction du nouvel élu après la disparition de feu président Nkurunzuza, alors que la constitution de 2018 prévoit une transition assurée par le président de l’assemblée jusqu’à la fin du mandat. Victor Hugo disait : ‘’Le droit et la loi, telles sont les deux forces : de leur accord nait l’ordre, de leur antagonisme naissent les catastrophes’’. A la clique militaire de voir si les deux sont en accord ou en antagonisme !!!
Cette situation de président militaire, premier ministre militaire date du temps de feu président Jeau Baptiste Bagaza ( 1976) . Comme si l’histoire se répétait, voilà qu’on la retrouve en 2020. On parlait du pouvoir militaire, tout le monde criait démocratie. Du temps de Bagaza le peuple burundais était en parfaite harmonie sociale, une paix totale pour tous et par conséquent un développement du pays. Presque les grandes infrastructures que le pays connait jusqu’aujourd’hui ont été construites par ce pouvoir. Voici venir le pluralisme politique, la démocratie, qui au lieu de favoriser le bien-être social, ne fait que diviser le peuple jadis uni. La France qui était le grand défenseur de ce principe, faisait comprendre que c’est la majorité qui doit gouverner. Qui dit majorité dans nos Etats fait allusion directement à une majorité ethnique. Et c’était le début des massacres et des génocides car cette majorité a toujours cherché à éliminer la minorité numérique au lieu de faire des compétions à base des projets de société.
Le pouvoir militaire du temps de feu président Bagaza était nettement diffèrent du pouvoir militaire actuel de Ndayishimiye Evariste, de même que celui de son prédécesseur, car le premier avait le souci premier de développer le pays alors que ce dernier n’a que seul souci de tuer et chasser tous ceux qui osent dénoncer sa mauvaise gouvernance afin de rester au pouvoir et continuer à remplir leurs poches sans gêne. La situation économique de notre pays est une preuve irréfutable. Un pays au bas de l’échelle mondiale. C’est la honte.
Et pourtant, Ndayishimiye et sa clique ne cesse de répéter à qui veulent les entendre qu’ils ont fait des miracles en matière de développement du pays. Et on continue à voir des gens applaudir comme si ce qu’ils disent est correct. Il avait raison Aldous Huxley quand il disait : ‘’La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude’’. Ce qui est diffèrent dans cette vérité d’Aldous est que peu de burundais trouvent à consommer et à se divertir. La majorité est dans la misère totale. Le récent rapport de la banque mondiale dit que le burundais vit seulement avec 700$usa par an. 90% de la richesse du pays est aux mains de ces soit- disant chefs, élus par le peuple.
Avoir des Généraux major et des Maréchaux à la tête de ce petit pays signifie constituer à croupir dans la misère sans avoir aucun droit de lever le petit doigt pour dénoncer ce qui ne va pas.
URN HITAMWONEZA attire l’attention du peuple burundais qu’au-delà de cette course au pouvoir, cette clique militaire n’a pas encore abandonné son plan génocidaire. Elle est en train de se doter de tous les moyens nécessaires (institutionnels et financiers) pour le parachever sans entrave. A la France et aux autres pays qui ne cessent de leur apporter appuis militaires et autres, qu’ils fassent attention pour ne pas se retrouver complices de génocide si demain cette clique passait à l’action. Tout est en place, un petit déclencheur suffit.